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jeudi 6 février 2014

Une rencontre : Romain et Alice

Lorsqu’on crée un blog de voyage innocemment dans le but premier d’informer les familles et amis, on ne se rend pas nécessairement compte que ça peut aller plus loin que ça. Après quelques échanges de liens et un probable référencement sur Internet, on commence à correspondre avec d’autres voyageurs, blogueurs ou (futurs) expatriés. Ainsi se fit notre rencontre avec Romain et Alice.

Les deux Français susmentionnés, originaires de la région toulousaine, ont suivi nos traces de près. Voyez donc comme nous sommes exemplaires ! En fait, pour tout vous avouer, il s’agit simplement d’une bonne coïncidence. Dans leur cas, c’est Alice qui a trouvé un post-doc non pas à Christchurch, mais à Dunedin, quelques centaines de kilomètres plus au sud. Pour trois ans aussi. Très similaire, n’est-ce pas ? Tellement que c’en était presque louche. Après avoir échangé quelques e-mails et répondu à leurs questions, nous avons donc rencontré les deux intéressés pour en avoir le cœur net.


Dans votre premier e-mail, vous disiez que vous traversiez les étapes de préparation de l’expatriation décrites sur notre blog. Notre expérience vous a-t-elle été utile pour traverser cette période avant le départ ?

Pffiou, c’est déjà vieux tout ça ! Alors avant notre départ, je dirais plutôt non puisqu’on a découvert votre blog assez tardivement. On avait déjà nos visas, nos billets, le transport de nos bagages,… Mais après, ça nous a permis de savoir un peu à quoi s’attendre en arrivant.

Pouvez-vous expliquer, dans votre expérience globale, deux choses similaires à ce qu’on a rapporté sur notre blog et deux choses très différentes ?

En choses similaires, surtout les premiers articles de votre blog : l’adieu aux copains et à la famille, le déménagement, la préparation des bagages, les premiers achats au supermarché et aussi le côté inquisiteur/gestapo de la moindre démarche où il faut fournir des milliers de documents.
Pour les choses différentes, je dirais la recherche d’appart’. On s’attendait au pire en ayant lu votre galère et finalement, à Dunedin, on a eu énormément de choix (mais on est arrivés pile à la bonne période) et on a pu visiter plein d’appartements tranquillement. Le plus dur à été d’en trouver un qui nous plaise.
Il y a les problèmes d’ouverture de compte bancaire qu’on n’a pas rencontrés non plus. Bon du coup, après la lecture de votre article, on savait qu’il fallait qu’on se blinde niveau justificatif de domicile, mais on a pu faire faire une attestation par l’hôtel où on a logé la première semaine et ça nous a tout ouvert. On a voulu utiliser votre astuce de se faire faire une carte de bibliothèque avec une carte de fidélité de magasin et l’utiliser ensuite comme justificatif « plus officiel » mais ça n’a pas fonctionné.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées lors de votre expatriation et/ou installation sur place ?

Trouver un logement ! Même si c’était facile d’en visiter plein, en trouver un vivable avec des normes d’Européens était très dur (et bon, on a finalement fait des compromis). Après, il y avait surtout le problème qu’on ne connaissait personne, on ne savait pas dans quel magasin acheter quoi, on n’avait personne qui pouvait nous emmener quelque part pour acheter des meubles / une voiture / visiter un appart’, on n’avait aucune info concrète.
Oh et il a fait froid et moche aussi, c’est dur pour le moral.


Un souper partagé, un délicieux gâteau à la coco, quelques parties de jeux de société, des suggestions de films à voir et de bons moments passés ensemble plus tard, les voilà qui s’en vont, non sans nous inviter à passer à notre tour quelques nuits chez eux. Rien à signaler, mon colonel. Des êtres humains tout à fait normaux (selon nos standards) et sympathiques qui nous verront un jour frapper à leur porte. Merci à vous !



vendredi 24 janvier 2014

Attention, danger de vie

Dans un monde où le danger guette à chaque coin de rue, il est important de bien signaler les endroits à haut risque. Ainsi, un panneau, une pancarte ou une affiche adéquate permet d'indiquer les sites à accès restreint ou de dicter le comportement à adopter en diverses circonstances périlleuses, afin de prévenir tout accident malencontreux.

A Christchurch, certains de ces panneaux peuvent sembler cocasse pour les étrangers non avertis que nous sommes. Rappelons que les mœurs de notre pays d'expatriation diffèrent quelque peu des us et coutumes belges. Les néozélandais sont effets champions dans l'art de réguler le bon fonctionnement de l'ordre civil, donc gare à vous si vous osez enfreindre les directives!

Nous vous proposons dans les quelques paragraphes qui suivent une petite sélection de nos favoris - pour votre plaisir, du moins si vous baragouinez quelques notions d'Englishe - classés en 4 grandes catégories de risque.


1. Les facteurs environnementaux

 La Nouvelle-Zélande est un pays géologiquement et climatiquement très perturbé, aussi ses résidents savent-ils discerner les embûches tendues par mère Nature et adopter les bons comportements de survie. 


Ce panneau existe en 8.254.859.657
exemplaires, rien qu'à Christchurch.
...en tout cas pas sans tout le reste du bâtiment.








 2. La golf-mania

Outre le rugby et le cricket, le néozélandais moyen adore le golf (un certain Benoît H. devrait sans aucun doute y trouver son bonheur), à tel point qu'on ne compte plus les endroits dédiés à cette activité, que ce soit à l'orée d'un parc, derrière l'aéroport ou en plein cœur d'un centre résidentiel pour retraités trop riches.

Les golfeurs d'ici doivent suivre
un entraînement équivalent à
celui
de nos paracommandos.
Sans ce panneau, la ville grouillerait de
chiens enragés, dont les maîtres feraient du
golf sur les trottoirs en se tenant A DROITE.


3. Les dangers de la circulation

Votre maman vous l'a sans doute assez répété depuis que vous êtes en âge de traverser une rue (la mienne en tout cas ne se gênait pas, mais en même temps elle n'a guère changé depuis) : s'il y a bien  une chose dont il faut se méfier quand on est de sortie, c'est la circulation. En général, on parle plutôt des voitures et autres véhicules motorisés sillonnant les routes macadamisées, mais les accidents les plus sournois sont causés par des engins bien plus imposants.

Voiturettes de golf également
admises sur autorisation spéciale.
Les barrières et les feux de signalisation,
ça coûte trop cher. Oui, même si c'est une
route principale.


4. Les pièges à con

Parce qu'il y aura toujours des branquignolles* pour se planter là où planter se peut...

Le personnage s'en est tiré mais est handicapé à vie.
Ca c'est moi qui l'ai dessiné.
Du grand art n'est-ce pas?




* Avant que vous ne nous fassiez la remarque : nous ne nous excluons aucunement de cette catégorie de personnes.


jeudi 7 novembre 2013

Chroniques : Avancée rapide sur un nettoyage lent

Voilà pourquoi je me suis cogné la tête.
Jeudi, plus question de trainer : il nous faut une cuisine terminée ce soir ! Vous remarquerez que cette phrase a été pensée chaque jour depuis le lendemain de l’emménagement.
Première chose : les planches du frigo ! Plus question qu’elles trainent par terre, je les lave bien vite pour pouvoir organiser correctement nos maigres réserves basiques de survie dans notre ami refroidisseur. Vient le tour des « dernières » armoires de la cuisine. Les guillemets servent ici à indiquer que le temps ne me permettra de nettoyer que celles sous le plan de travail, en me cognant maintes fois la tête pour parvenir au bout de l’une d’elles, s’allongeant jusque dans un coin. Et puis, au diable le perfectionnisme, j’accepte les quelques dernières taches noires sur les plaques de cuisson et je les remets en place pour pouvoir ENFIN cuisiner quelque chose le soir !
Vider quelques caisses intitulées « cuisine » ! Enfin ! La vaisselle sera désormais à portée de main : plus besoin d’ouvrir une caisse, déballer, voir si c’est ce dont on a besoin et remballer si ce n’est pas le cas.
Tant qu’on y est, les rideaux ! Tous à la machine ! Mais pas en même temps… Conclusion : à la fin de la journée, le salon était équipé de la majorité de ses rideaux et tentures. Un peu de « privacy » pour nous !

Hé, t'es le voisin du dessus ?
C'est toi qui m'as envoyé un peigne
dans la tronche, l'autre fois ??
Vendredi, après plusieurs journées d’efficacité, l’énergie vient à manquer. Et puis, on se rend compte qu’Internet a été activé alors on traine un peu, vous connaissez, hein ? Pas de wifi par manque de configuration, mais le câble ethernet est toujours aussi efficace qu’au bon vieux temps.
Journée peu productive mais, au moins, le meuble de la salle de bain est suffisamment propre pour qu’on y entrepose nos essuies et tout ce qui se range normalement dans cette pièce.
Entre son retour et notre départ pour une soirée jeux, à vélo et sous une pluie torrentielle, Thomas règle leur compte aux armoires de la cuisine qui se tenaient hors de ma portée, de peur d’être soumises à ma maniaquerie. « Ca y est, on lave le sol puis on peut mettre la table ! » « Euh… Mon chéri… Faut nettoyer le plafond avant le sol, sinon, ça va pas le faire… »

Qui serait assez stupide pour penser
 à nettoyer derrière les tiroirs de la
salle de bain ?
Samedi, petite pause à un Garage Sales organisé par une église coréenne, mais ça, c’est une autre histoire*. Première tentative de nettoyage du plafond et abandon immédiat. Rangement de tout ce qui doit se trouver dans la cuisine. Quelques chipotages pour configurer le modem après être passés par la bibli et pendant que l’un donne des cours particuliers, l’autre se retrouve chez Steph pour, au départ, aller chercher un colis qui aurait dû être le nouvel ordinateur. Oh, mais c’est un jeu de société ! On joue ?? Et ainsi l’après-midi se finit-elle.

Dimanche, on se met un peu plus sérieusement au plafond, mais sans encore avoir la technique. Il est sale, très sale, et au moindre passage du tissu sur la surface graisseuse, une trace se forme et il faut nettoyer immédiatement le chiffon. A mon grand désespoir de parvenir un jour à obtenir une couleur plus ou moins homogène. Petit tour à l’Ecoshop pour avoir encore d’autres trucs à laver, comme si on n’avait pas déjà assez. Mais bon, ce sont des trucs pratiques et nécessaires pour la plupart. Puis on enchaine avec le Divali, mais ça, c’est une autre histoire*. Et je n’aurai pas le temps de finir ce fichu plafond.

La Sainte Table a pu enfin trouver sa place !
Lundi, quelques heures méthodiques, à passer le chiffon toujours dans le même sens, sont nécessaires pour venir à presque bout de cette couche de graisse qui s’est accumulée pendant des années sur le plafond. En cause, l’absence de hotte.  L’eau est devenue jaunâtre. Pas assez d’énergie pour m’attaquer au sol après ça. Pour le reste, la journée semble s’être fait aspirer dans un vortex spatiotemporel. Je crois que, simplement, j’avais besoin de repos.
Le soir, Thomas s’occupe du sol, installe le petit électroménager et… et… nous avons une cuisine qui ressemble à une cuisine !! On vous demandera juste de ne pas regarder à l'intérieur du four, j'ai jeté l'éponge...

* Un autre article détaillera ces activités.

lundi 4 novembre 2013

Absolument dégueulasse !

Mardi 29 octobre 2013

Greg : "Derrière le tiroir à couverts... de toiles
d'araignées !"
Le matin, on se lève de bonne heure et on se met au travail pendant que Monsieur est à l’université. On commence par la cuisine, c’est le plus important ! Avec un peu de motivation et d'efficacité, elle pourra être prête pour quand il rentrera.
D’abord les armoires, histoire d’avoir le minimum nécessaire à portée de main et de pouvoir dégager quelques cartons en rangeant tout. Elles n’ont visiblement pas été entretenues depuis un certain temps, ou alors par des coups de chiffon superficiels. L’arrière du tiroir à couverts en témoigne et l’aspirateur est mon ami.
Les premières vraies surprises arrivent : on ouvre le four et on se demande s’il a un jour été nettoyé. On retire les plaques de cuisson et on se demande si elles ont un jour été nettoyées. On touche les rideaux et on se demande s’ils ont un jour été nettoyés. On touche le plafond par inadvertance en lavant une armoire et on se demande s’il a un jour été nettoyé. Et puis on se demande comment la précédente locataire a pu vivre là-dedans. Et puis on comprend pourquoi elle a été virée par le proprio.

Quand je dis qu'on finit
par regarder dans les
coins..
.
Oh ! Et j’allais oublier de vous parler des patates pourries derrière des tonnes de sachets dans une armoire ! Et des vieux médicaments ! Et de la petite boite bizarre avec un contenu non identifié ressemblant à de vieilles céréales à déjeuner ! Que de cadeaux qu'elle nous a laissés !

Après avoir fait face à ces quelques dégueulassetés, une frénésie maniaque commence à s’installer. Cela se traduit par une inspection systématique de chaque coin, de chaque rebord, de chaque centimètre carré de meuble, mur, fenêtre, sol ou plafond de cette maison, associée à un redoublement de l’énergie déployée pour frotter la moindre tache. Le seuil de tolérance à la saleté diminue aussi dangereusement : pas question de « passer un coup comme ça » et on commence à vérifier ce que le mari nettoie. Ajoutons à cela le fait que quelque chose ne pourra être considéré comme véritablement propre qu’un mois plus tard et à condition d’avoir été lavé une dizaine de fois. Du moins, dans ma tête.

Vous, vous allez bien vite faire un tour (et même
plusieurs centaines par minute) dans la
machine à laver !
Un petit tour à la bibliothèque pour squatter Internet et changer notre adresse, puis au centre commercial pour faire quelques courses : double des clés, confiture, recharge GSM, revêtement antidérapant pour les armoires, bassin ou seau… Et puis, en réponse à la ligne « trouver de quoi nettoyer le sol », on achète un balai vapeur qui servira aussi à nettoyer les fenêtres, les sols et tout un tas de trucs. Sauf que sur mon vélo, ça ne tient pas… La livraison est prévue pour la semaine à venir… Mais j’en ai besoin de suite, moi !! Apparemment, l’insistance n’a pas rendu le vendeur plus efficace… Je m’attendais à ce qu’il propose de l’apporter chez moi le soir même mais, encore une fois, je rêve. Et malgré tout ça, je n’ai même pas oublié de diner !

On remarque qu'il n'y a pas de hotte dans cette
cuisine...
Finalement, mardi soir, rien ne semble avoir beaucoup changé ; et pourtant, le seul repos que je me suis autorisé a été le temps nécessaire pour écrire l’article précédent. Deux armoires nettoyées ainsi que le tiroir à couverts, une caisse vidée, la porte du four lavée deux fois, un rideau passé à la machine…

Et puis, les effets sur le corps commencent à se faire sentir : mal au dos, mal au bras, mal aux genoux, peau des mains sèche (malgré que j’ai utilisé principalement la main gauche parce qu’elle est en moins mauvais état). Après ça, mes gènes me rattrapent et, à l’instar de mon paternel, je m’endors dans le fauteuil après avoir mangé un bol de céréales. Ce n’est que le début…




T'es assez grande pour écrire "Plafond"
au plafond, toi ??
Merci papa d'avoir nettoyé tes plaques avec
une éponge en métal depuis des années...
sinon, je n'y aurais pas pensé !


Mercredi 30 octobre 2013

Alors que l’une s’apprête pour le cours de couture (Quoi ?? Tu l’as pas dit ça, tu as oublié un article !!) et l’autre pour le travail à l’université, un monsieur inconnu frappe à la porte. Il semblerait qu’il vienne installer la « heatpump » et que le propriétaire ait oublié de venir.

Après avoir mis la majorité de nos affaires dans le couloir, à l'abri de la poussière, et tout en continuant à vaquer à nos occupations, nous discutons un peu avec le professionnel et nous observons sa façon de procéder. Pour l’avoir vu de nos propres yeux, nous savons désormais que la maison est faite de quelques centimètres de bois, vingt centimètres d’air et un mur de briques en béton. Isolation au top du top ! 
Nous avons aussi appris que ce monsieur a visité l’Europe et vécu deux ans en Allemagne et qu’il trouve révoltant que les propriétaires et agences immobilières d'ici profitent de la situation après le tremblement de terre pour se faire du fric sur le dos des locataires. Ça tombe bien, nous aussi. Je lui ai montré un peu l’état du plafond et du four en disant que s’il veut en toucher un mot au proprio, ce sera toujours mieux que si on le fait nous-même : il est d’ici, c’est un professionnel et un homme. L’histoire ne dit pas s’il a croisé le propriétaire ou non ce jour-là. Mais lorsque nous sommes rentrés, le climatiseur était installé ! Car en fait, avoir une « heatpump », c’est disposer de l’air conditionné !

On a acheté un peu de courage au supermarché.
Encore un tour au centre commercial, où notre supermarché pratiquait des prix encore plus bas à l’occasion du « Wicky Wednesday » avant Halloween. C’est le moment de faire des folies en s’achetant un peu de courage pour la suite des évènements. Histoire de sortir de mon régime fait de pains à la confiture et de céréales à déjeuner, je m’achète encore une fois à manger. Ingurgiter quelques légumes ne me fera pas de mal. Décidément, ce nettoyage finit par couter cher !

Au retour, je m’acharne sur la porte du four. Au total, il aura fallu six lavages et l’utilisation d’une éponge en métal pour qu’elle retrouve à peu près sa couleur d’origine. Oh, comme je me réjouis de nettoyer le reste du four… !

Cleanin' an oven's door... (3e refrain)
Après avoir compris que je n’arriverai pas à bout de cette cuisinière aujourd’hui, je m’attaque au frigo. Toutes planches dehors, je frotte plus que nécessaire, probablement par habitude. L’eau a fini quand même bien grise, mais les circonstances me font dire que finalement, le frigo n’était pas si sale.

Rien de tel qu'une soirée jeux de société avec les potes pour se changer un peu les idées pendant quelques heures avant de revenir dans ce lieu de chaos.

La fatigue m’endort encore une fois dans le fauteuil avant que je me déplace dans le lit. Cette nuit, au moins, nous avons des rideaux à la fenêtre de la chambre.





Note :
Si le ton de cet article vous donne l'impression d'être débordé et/ou vous fait penser à un rythme effréné où tout s’enchaine sans voir le temps passer, c’est que c’est réussi. Sinon, relisez-le en vous mettant dans l’état d’esprit décrit précédemment.

vendredi 1 novembre 2013

L'emménagement

La veille de notre emménagement, nous recevons les clés. Un petit tour de la maison s’impose, elle semble bien, mais la femme d’avant a laissé les poubelles pleines et dégueulasses. On passe la soirée à faire des cartons et déjà en charger le plus possible dans la voiture. Qu’est-ce qu’on peut en acheter, des choses, en deux mois !

Notre petite cabane dans la jungle. Ah non, c'est le
garage en fait. Après avoir enlevé tous les déchets.
Le jour J arrive : Marti, une amie hongroise du club de jeux de société arrive plus tôt que prévu pour nous aider très efficacement et faire un premier trajet. Après ça, il reste des plus gros meubles qui doivent être transportés avec la grande voiture de nos colocs. Nous arrivons en même temps que notre frigo pendant que le propriétaire repeint la cuisine. Plus que trois livraisons : la machine à laver à midi, le séchoir et le lit dans l’après-midi.

Petite expédition dans les chambres. La plus grande sera la nôtre ! On constate que les murs sont sales et que le tapis est arraché à certains endroits. A notre demande et après s’être assuré qu’on ne demanderait pas une réduction de loyer parce qu’il est en train de peindre le jour de notre emménagement alors qu’il aurait dû avoir fini avant, le propriétaire remet une couche de bleu par-dessus le papier peint peint.

La salle de bain parait correcte à première vue, mais une inspection plus minutieuse laisse voir des coins et bas de meubles très poussiéreux ainsi que de nombreux fils de poussière au-dessus de la douche. Dans la pièce voisine, le tapis de sol des toilettes semble n’avoir jamais été retiré et nettoyé, n’imaginons pas le nombre de personnes qui ont dû pisser dessus par inadvertance ou barakisme. Les murs de cette pièce sont jonchés de multiples taches. Il manque la barre du distributeur de papier toilette qui, au passage, est très poussiéreux aussi. Globalement, après un premier tour dans la maison, on constate que c'était vraiment une bonne idée d'acheter plusieurs allonges multi-prises.

Le chauffe-eau, grand cru de 1970.
La cuisine nous étant inaccessible, nous commençons par passer un coup dans le salon. La première chose que nous remarquons est la présence de nombreux fils de poussière au plafond et sur les murs. L’aspirateur 1400W nous aide à nous débarrasser des plus visibles, mais il s’avère insuffisant pour éliminer les poils de chien de la moquette. On en retrouvera plus tard sur nos sacs, vêtements et chaises. Et ne parlons surtout pas des acariens ! On retire aussi tous les rideaux gris et tentures collantes pour les laver… « à la main », n’est-ce pas ? « à l’eau froide », n’est-ce pas ? Haha, laissez-moi rire…

On quitte un moment, entre deux livraisons, pour aller faire des grosses courses, sans prendre ce qui devrait aller au frigo ou au congélateur. On achète aussi et évidemment quelques variétés de produits d’entretien qui nous seront plus utiles que prévu initialement.

On revient en soirée chez Steph et Marshall, qui acceptent gentiment qu’on mange encore chez eux, puis nous faisons un dernier trajet avec les plus gros meubles après nous être reposés un peu. Il restera deux bureaux à transférer un autre jour. On en profite pour aller chercher notre table et notre fauteuil (hyper confortable, et fourni avec du tissu pour recouvrir les coussins en mauvais état !) chez les gens qui nous les vendent.

Le salon dans l'état où nous l'avons laissé le soir.
Finalement, lorsque la cuisine est libérée, nous nettoyons un carré de sol pour y placer le frigo et pouvoir le brancher. Au moins une chose de faite dès le premier jour… Il n’a pas encore été lavé mais ce n’est pas grave, on veille à bien fermer les sachets dans lesquels se trouve la nourriture.

Le lit a été placé dans l’autre chambre en attendant que la peinture sèche, on le transférera
dans la nôtre après l’avoir entièrement nettoyée. Dernière pensée de la journée : « Demain, je passerai un coup de lavette dans les armoires de la cuisine, nettoierai le four, le sol, peut-être le frigo, et quand Thomas sera rentré, la table sera à sa place ! » C’est beau, l’optimisme…

jeudi 31 octobre 2013

Notre maison à St Albans

Maintenant que nous disposons de notre maison, nous pouvons vous expliquer comment cela s’est produit. Et vous aurez même droit à plusieurs articles à ce sujet, étant donné l’état dans lequel elle est pour le moment…

Un certain dimanche de la mi-octobre, en parcourant les sites immobiliers comme à mon habitude, voilà qu’une annonce intéressante  – comme beaucoup d’autres avant, en fait – se présente. Une maison à deux chambres doubles située dans le quartier de Merivale, plus proche de la ville, et la moins chère que j’aie vue jusque là. Quelques photos qui semblent prises de l’extérieur ( !? ) nous indiquent que la maison semble correcte. Aucun commentaire utile. On peut remarquer que l’annonceur n’est pas une agence mais un particulier. Chouette, pas de frais à l’entrée !

Thomas téléphone et le propriétaire nous indique que la visite de la maison se fait le jour-même à 15h. Dans ce genre de cas, il faut s’adapter. Heureusement, pas de grande excursion prévue ce jour-là.

On a un petit jardin pour faire notre barbec'
de Noël !
Nous arrivons devant la maison, où cinq ou six personnes attendaient déjà, et le propriétaire nous dit qu’il faut attendre un peu parce que @ù^$µ£ (avec son accent, il est parfois difficile de comprendre ce qu’il dit). Puis il annonce qu’il est l’heure, et il nous demande, seulement à Thomas et à moi, de venir avec lui. Euh… ? OK… En parcourant les vingt mètres de l’allée, il nous explique que la locataire a un chien alors qu’il était indiqué dans le contrat que les animaux n’étaient pas admis. Il frappe à la porte… attend… attend encore… nous montre le jardin… attend… Cinq longues minutes plus tard et d’humeur apocalyptique, elle daigne enfin ouvrir pour nous jeter à la figure une série de mots qui, liés en phrases, signifient que personne n’entrerait chez elle et qu’on ferait bien de quitter vite le jardin. Première fois qu’on voit ça. En fait, on servait de témoins, il savait certainement qu’il allait y avoir un problème…

Nous revenons donc vers ces autres personnes qui attendent vaillamment et le propriétaire, après avoir pris les coordonnées de tout le monde, nous renvoie tous tristement en disant qu’on arrangerait une autre visite. Alors que nous sommes sur le point d’enfourcher nos vélos, je me dis qu’il faudrait peut-être demander s’il faut fournir des documents particuliers. Comme nous venons d’ailleurs, des recherches auprès de la police ou des banques ne donneraient aucun résultat… Nous revenons donc vers le vieux monsieur (vous vous imaginiez un propriétaire de 40 ans ?? Rajoutez au moins 20 ou 30 ans.) et posons nos questions. S’ensuit une discussion où il nous demande quel travail nous exerçons et oh ! justement ! son fils est chimiste aussi ! Et hop ! on marque des points.

La présence de rideaux a été temporairement
suspendue pour cause de dégueulasseté.
Quelle surprise, le lendemain vers 17h, lorsqu’il nous appelle pour nous donner rendez-vous deux heures plus tard chez lui, sur les hauteurs de la ville, pour les papiers. Quels papiers ? On a la maison alors ? Déjà ? Mais… on ne l’a pas visitée… ! Après avoir pu s’arranger - on vous passe les péripéties stressantes - une amie nous emmène et nous donne son avis. Une liste de questions plus tard, nous voilà en train de visiter la maison voisine (il y en a 4 identiques au même endroit) et puis de signer le contrat en indiquant que nous entrerions le 28 octobre, soit deux semaines plus tard. Nous avons la possibilité de changer le mode de chauffage de la maison – comprendre « du salon » – en faveur d’une « heatpump » pour 10$ de plus par semaine. Selon notre amie, ça valait la peine et on économiserait de l’énergie, donc c’est vendu ! Nous apprendrons par la suite qu’il s’agit en réalité d’un climatiseur : nous avons donc l’air conditionné dans notre habitation.

Ce doit être la dixième ou onzième maison que nous avons visitée. Finalement, deux mois pour trouver un logement dans les circonstances actuelles, une maison si peu chère et correcte, dans un quartier calme près de la ville, c’est un exploit.

Le prochain épisode sera moins joyeux.

jeudi 17 octobre 2013

Au bout, l'eau...

La rédaction tient à vous avouer qu'elle n'a pas pu résister à utiliser un jeu de mot facile en guise de titre. On ne vous parlera donc pas des belles plages qui bordent ce pays.

Après un mois de recherches, notre exploratrice d’offres d’emploi n’a encore décroché aucune source de revenus. Il est donc temps de se pencher sur la question, d’analyser les facteurs intervenant dans une telle expédition, et ça, ça va se savoir !

L’opération « One day, one job » (cela consiste à répondre à une offre d’emploi par jour, ndlr) s’est rapidement essoufflée : après avoir postulé dans plusieurs boulangeries, sandwicheries, usines à nourriture, supermarchés et écoles, après avoir écrit diverses annonces pour donner cours, il faut bien se rendre à l’évidence que cette valeureuse femme n’a aucune expérience en construction de bâtiments ! Or, cette catégorie représente 70% des offres d’emploi. La majorité des 30% restant sont de la vente par téléphone ou par rendez-vous payant par commissions.

Avant de pouvoir mettre ce genre d'objets dans sa poche,
il faut d'abord décrocher un boulot.
Passons en revue les compétences : les jobs dans le service nécessitent d’excellentes capacités de communications (en français, ça aurait été super) ou un permis de conduire et parfois une bonne condition physique (pas de femme de ménage ayant mal au dos !), ceux dans le prêt-à-porter exigent en plus une excellente présentation, ceux dans l’éducation nécessitent un diplôme ou expérience prouvée, et ainsi de suite. J’ai bien l’attention au détail, le dévouement au client et la créativité, mais ce n’est pas suffisant…

Et puis, pour avoir une activité et entrer en relation avec des gens, on tente le volontariat à la City Mission, une association chrétienne financée par des magasins de seconde main.

Racontons l’épisode du Subway, vous savez, la célèbre chaine de sandwicheries. Un beau CV, une belle lettre de motivation et on décroche facilement une réponse invitant à compléter un formulaire au bureau situé assez loin. On y va pour répondre ce qu’il y a déjà sur le CV et faire quelques calculs stupides, histoire de montrer qu’on sait rendre la monnaie. Première difficulté : il faut compter les pains en fin de journée, il y a X « loaves » de telle sorte, X « loaves » de telle sorte et X « gourmets ». Comment savoir s’il faut compter les « gourmets » dans les « loaves » ou pas ?? Ben on demande et on passe pour une idiote. Puis, tant qu’on y est, demandons si le fait qu’on ne parle pas anglais parfaitement peut nous exclure…

« Vous savez, avec le tremblement de terre, beaucoup de gens ont perdu leur travail, donc on donne la priorité aux gens d’ici, à moins que vous soyez vraiment une meilleure candidate. » (Notons que les gens pas d'ici ayant perdu leur emploi ne sont pas pris en compte...) Je me demande juste si à ce point, ça a vraiment valu la peine de dire qu’on est flexible, qu’on peut travailler le dimanche aussi, et la nuit, etc.

Et puis, depuis le mois d’aout, il y avait un entretien en attente pour être professeur de français pour LCF Fun Languages, une entreprise qui promeut l’apprentissage des langues à travers des activités ludiques. C’est enfin arrivé ! Sans vouloir vendre la peau des bœufs avant d’avoir tué la charrue, je pense commencer en janvier, ou décembre avec de la chance. La femme, très dynamique, ambitieuse et sympathique, a déjà mis en place les cours de chinois et d’espagnol – le français est le suivant sur la liste ! Donc en attendant, je vais essayer de l’aider à accélérer les choses. Après avoir posé plein de questions, il semblerait que ce soit réellement un job parfait. Unique bémol : il n’y aura pas beaucoup d’heures par semaine. On verra, mais c’est déjà ça !

Yeaaaaah, je pourrai enfin dire à raison que je suis "prof de français" !

samedi 12 octobre 2013

Surprise Belge

En cette matinée du lundi 7 octobre, Stéphanie s’exclama « Oooh ma maman est géniale ! Et dire que dans vingt ans, mes filles me diront la même chose ! » En effet, un colis plein de petits cadeaux pour elle et les enfants lui était parvenu depuis le Canada.

Un colis inattendu.
S’ensuivit une petite conversation faite de « Tiens, on demanderait bien un colis nous aussi » « Si ça se trouve, quelqu’un nous en a envoyé et on ne l’a pas reçu » « Ben non, ils auraient demandé si on l’a reçu après un certain temps ! » et autres tergiversations sans grand intérêt. 

Plus tard dans la journée, Marshall appela : « Thomas, un colis pour toi » (je traduis, hein) « Ah OK merci… *** Hein ? Quoi ? Pour moi ? Mais j’ai rien commandé… »
MERCI BRIGITTE !

Nous savons désormais que les colis envoyés de notre pays natal arrivent bien chez nous en environ 10-12 jours ouvrables et que malheureusement le chocolat ne survit pas au trajet, probablement parsemé de températures variées, la forme, la texture et le gout de l’aliment s’étant trouvés modifiés.

Conclusion : il va falloir des volontaires pour venir nous en apporter en mains propres ! 



Un couteau et c'est vite arrangé !
Les pralines ne sont pas de grandes globe-trotteuses.

mercredi 9 octobre 2013

Le revers de la médaille

Chez nous, notre numéro national, carte d’identité et autres cartes SIS permettent de rassembler facilement une quantité importante d’informations personnelles nous concernant. Ici, il n’en est rien. Pas de maison communale où signaler son adresse, pas de communication automatique entre diverses instances disposant de vos données, pas de chauffage central… Ah non, ça, c’était dans l’autre article.

D’abord, on se sent libres et on se dit que c’est cool : on reste maitres de nos données. Et puis, on se rend compte que pour obtenir quelque chose – que ce soit un compte en banque, un travail ou un logement – il faut fournir une quantité phénoménale d’informations et de documents.

Ce jeu con n'est pas considéré
comme un document officiel non plus.

Pour la première étape, le bât ne blesse que Laetitia. En effet, Thomas ayant court-circuité le système en obtenant le travail en premier, tout a été plus facile pour lui. La banque, disait-on : on demande un passeport et une preuve d’adresse. Premier essai : une lettre de notre coloc. Deuxième essai : un courrier du supermarché. Troisième essai : la carte de membre de la bibliothèque. Que dalle ! Il faut une facture, une lettre de l’employeur/école/médecin ou un document à l’aspect officiel. Pour finir, une employée plus consciencieuse que ses collègues m’a expliqué comment m’enregistrer au cabinet médical et obtenir ainsi un des documents. Elle a même pris la peine de téléphoner à la secrétaire médicale ! YOUPIIIIIE J’ai enfin mon compte en banque ! Ce qui est drôle avec ça, c’est qu’il n’y a pas de boîtier électronique comme chez nous : le pc-banking est sécurisé par des questions « personnelles ». Nous parlons bien sûr du genre de questions auxquelles il vous faut répondre pour débloquer son compte e-mail suite à une entrée de trop nombreux mots de passes incorrects, du genre Quel était le nom de jeune fille de la soeur la plus âgée de votre animal domestique favori? ...

Deuxième étape, le travail. Ici, on rigole déjà un peu plus. Pour obtenir un numéro de taxation nécessaire pour être payé, il faut fournir un document A (passeport) et un document B. Celui-ci peut être une carte 18+ (permet d’acheter de l’alcool et autres produits du genre), un permis de conduire (laissez-moi rire… j’ai laissé le provisoire en Belgique en le croyant inutile) ou une lettre de l’employeur/école. Donc ma seule chance est d’avoir d’abord un employeur…

Allons donc chercher cet employeur ! Après avoir essayé les moyens informatiques, je me suis décidée à prendre mes CVs et les apporter aux supermarchés. Quelle fut ma surprise lorsque pour la première fois, l’employée de l’accueil me tendit un formulaire à compléter et à rendre avec le CV et une copie de mon passeport !

Allons-y… Nom, prénom, adresse… Questions normales pour commencer.
Références professionnelles. Ah oui, ici, on demande toujours des références ! Mais les miennes sont uniquement en Belgique.
Quel était votre salaire à votre précédent emploi ? Ah, si moi-même je le savais…
Connaissez-vous quelqu’un qui travaille pour nous ? Pistons en premier, quoi…
Souffrez-vous ou avez-vous souffert des maladies suivantes ? Si oui, quand ? Hein ?? C’est quoi, ce délire… ??
Souffrez-vous de problèmes de dos ? Ok, -1 pour moi…
Combien de jours avez-vous été absent pour maladie l’année dernière ? Expliquez les circonstances. Genre, si t’es malade trop souvent, on ne veut pas de toi…
Avez-vous des scrupules à vendre des produits de loterie ou de l’alcool ? On va dire non, hein...
Avez-vous de la famille qui travaille pour un concurrent, ce qui pourrait générer un conflit d’intérêts ? Ha oui, carrément…

Remarquez le nombre de points de suspension dans la liste ci-dessus. Cela reflète mon niveau de perplexité grandissant à chaque nouvelle question incongrue.

C'est à en devenir chèvre ! ... mais
ici,ce sont surtout des moutons.
Allez, maintenant qu’on a partagé les meilleures, passons à la recherche de logement. Le formulaire est un peu moins étonnant mais, en plus de savoir si vous avez des enfants, des animaux ou si vous fumez, il inclut tout de même les informations liées à votre voiture (marque, modèle, immatriculation), la raison pour laquelle vous quittez votre logement actuel et celle pour laquelle vous avez quitté le logement que vous occupiez encore avant ainsi que le montant des loyers que vous payiez. Vous devez aussi expliquer pourquoi un précédent propriétaire aurait éventuellement déduit un montant de votre caution locative. Une fois le formulaire complété, vous devez autoriser l’agence à se renseigner auprès des autorités compétentes pour vérifier votre casier judiciaire ou l’état de vos crédits et comptes en banque !
Et puis généralement, une fois qu’on a un logement, l’agence fait des inspections régulières pour vérifier que vous entretenez bien la maison. Et s’il n’y a personne ? Ben ils entrent, ils ont un double des clés, vous croyez quoi ?

Après avoir été confrontés à cela, finalement, ça ne nous étonne plus d’avoir dû passer une visite médicale et d’avoir dû fournir plein de documents pour obtenir nos visas.

Ah oui, et on ne vous a pas encore parlé de nos colocs, qui ont demandé la résidence. Ils ont dû fournir des photos, témoignages et documents divers pour prouver leur relation. C’est pas comme s’ils étaient mariés et attendaient leur troisième enfant…

Conclusion : moins fichés = moins de vie privée car obligés de fournir une quantité d’infos personnelles à quiconque le demande, sous peine d’être lésés. L'un dans l'autre, à vous de voir ce que vous préférez, mais n'oubliez pas que grand frère vous regarde (tiens, ça donne moins bien en Français, avouons-le).

dimanche 15 septembre 2013

Premiers pas au pays des kiwis

L'aéroport de Christchurch vu de l'extérieur.
Vendredi 6 septembre matin,  9h heure locale – soit 23h en Belgique – nous atterrissons plus délicatement qu’avec Ryanair malgré la taille de l’avion. Dans le hall d’arrivée, plusieurs poubelles nous indiquent d’y déposer les comestibles ou de les déclarer sous peine d’une amende. De quoi dissuader !

Thomas se fait fouiller par un chien qui a probablement senti des traces de nourriture qui était passée par son sac. La douanière lui a donc logiquement demandé : « Do you have breed in your bag? » - Gniiiiih ? « Do you carry any breed ? » - Oh, Aaaaaah! Bread ! No, no breed, euh, bread…

Les douaniers ne correspondent pas du tout à l’image qu’on s’en était fait : très cordiaux et prêts à aider. Après avoir vérifié notre carte de déclaration et la propreté de nos chaussures, on nous pose quelques questions supplémentaires avant de passer nos bagages au scanner. Aucun problème, on peut passer avec un « Bon séjour ! » en prime. Sauvés ! Nous voici donc officiellement en Nouvelle-Zélande !

Mon chéri, fais comme si t'allais sortir de la zone de sécurit... OH ! Des lagénorhynques obscurs !!!

La tête de déterré de Thomas après plus de 30h de déplacement. La mienne était similaire, heureusement pas de photo pour le prouver.


Non, Thomas ne conduit pas,
il est bien sur le siège passager.
Nous trouvons alors une dame taxi très sympathique pour nous accueillir avec une pancarte à nos noms et nous amener chez nos hôtes. « number tin, it’s here ». Oui, on était bien devant le numéro 10. Conclusion : i = è

Stephanie nous accueille à son tour avec un grand sourire et nous fait visiter la maison. On passe sur Internet où on trouve quelques insomniaques belges qui attendent de nos nouvelles. On prend une douche histoire de se rafraîchir et se réveiller… Car même à 11h du matin, interdit de dormir, pour mieux s’adapter au nouvel horaire. Cela ne nous a pourtant pas empêchés de se réveiller vers 4-5h du matin… et nous lever à 15h ce samedi. Bref, nous digressons à nouveau !
Nous faisons un tour des commerces de proximité puis Thomas visite le supermarché pendant que je l’attends avec, en main, les quelques trucs que nous avons déjà achetés, dont des carottes surdimensionnées. Notons qu'à AUCUN MOMENT je n’ai vu quelqu’un avec une cigarette en main !

En rentrant, Steph nous a appris que les carottes étaient censées avoir une taille normale et que le douanier et la vendeuse ne souhaitaient pas entamer de discussion en demandant « How are you ? », ils voulaient juste dire bonjour. Et elle nous a mis en garde : si quelqu’un nous invite pour un « tea », ça peut être pour boire un thé chez eux, mais aussi pour diner ou souper…

On se jette dans le lit le soir, dans une chambre très froide : le double vitrage est assez rare par ici. « Ben allume le chauffage », me répond Gab. Ah oui, il faut préciser aussi qu’ils ne connaissent pas le chauffage central…

Et puis, voici deux photos de notre chambre décorée.

Vous êtes près de nous chaque jour grâce à vos petits
mots attentionnés que nous avons affichés au mur.

Le drapeau belge des collègues de Thomas 
nous rappelle d'où on vient.
Je parle d'une certaine Steph, mais qui est donc cette Stephanie ??

Nous vivons actuellement et pour quelques mois en "colocation" avec un couple de Canadiens qui se sont installés à ChCh en janvier 2013 avec leurs deux petites filles. Ils sont donc passés par les presque mêmes étapes que nous et peuvent d'autant plus nous guider - ce qu'ils font toujours avec le sourire ! Et en bonus, ils apprécient assez bien (oooh le belgicisme) les jeux de société : on occupe donc parfois ainsi nos soirées. Parlons aussi de Jonas (prononciation anglophone proche de "Yownès"*) qui nous vient d'Italie, partage aussi la maison et fait de très bons gâteaux. Vraiment, on n'aurait pas pu trouver mieux pour commencer à s'installer ici et ça a en plus un petit côté communautaire qui nous rappelle les années Kot & Jeux.

*En réalité,  Jonas a des origines allemandes, et son prénom se prononce Yonaass. Mais Jonas préfère qu'on l'appelle Djownass, à l'anglaise. Sauf que Stephanie a un autre ami qui s'appelle Jonas, et elle prononce son prénom à la germanique pour l'effet de style. Elle aurait fait pareil avec notre Jonas si celui-ci n'avait apporté aucune précision quant à la prononciation de son prénom. Cependant, par pur esprit de contradiction, elle l'appelle Yonaass, ce qui nous donne, avec l'accent canadien, ce fameux Yownès. Fascinating, isn't-it?