mercredi 30 avril 2014

Présentation d'une curiosité : le kiwano

Quand on se promène dans le rayon fruits et légumes du supermarché et qu'on tombe sur une curiosité à piques, on ne peut que l'acheter pour l'examiner de plus près. C'est ce que nous vous proposons dans cette vidéo.

Le kiwano est une cucurbitacée parfois appelée "melon à pointes", mais le nom est leur seul point commun, ou encore "cucumis metuliferus", merci Wikipedia. Les anglophones, quant à eux, l'ont affublé de 8 noms différents selon les régions. Il nous viendrait d'Afrique et serait riche en potassium, magnésium et vitamine C. Le manger est une opération complexe et son gout est peu prononcé, ce qui explique probablement sa faible exportation ainsi que son utilisation plus courante comme élément de décoration.

Globalement, la chair de ce fruit, dont il faut extraire les pépins un à un, a une texture gluante et son gout de banane a l'intensité de celui d'un concombre, en ajoutant une touche de kiwi quand il s'agit du jus.

samedi 26 avril 2014

On a testé pour vous... le parapente !

On se sent un peu loin de tout, parfois.
Contrairement à ce que vous pourriez croire, le parapente n’est pas vraiment une activité qui procure des sensations fortes – il y a les sauts en parachute et à l’élastique pour ça. Loin de ces préjugés, il s’agit en fait d’une belle occasion de se mettre dans la peau d’un oiseau et de découvrir le monde d’un point de vue unique sans craindre ni vertige (puisqu’on n’a plus de repères trompeurs sous nos pieds) ni infarctus (car le décollage et l’atterrissage se font en douceur et, pendant le vol, on plane tranquillement au gré du vent).

Ayant outrepassé nos propres idées préconçues et grâce aux promotions toujours très intéressantes du site bookme.co.nz (tuyau pour ceux qui envisagent de venir s’amuser en Nouvelle-Zélande un jour et d’économiser quelques deniers !), nous avons décidé de profiter des vacances de Pâques pour nous adonner à cette activité. Nous voici donc les heureux titulaires d’une réservation pour un vol en tandem auprès d’une école spécialisée. Nous aurons chacun notre guide personnel et notre seule préoccupation sera de profiter du spectacle.

Par un midi ensoleillé de fin avril (milieu de l’automne donc, pour ceux qui auraient du mal à suivre), nous nous retrouvons à gravir les collines du Sud de Christchurch, entassés dans un 4x4 avec 3 habitués et un étudiant en paragliding. Nos guides cherchent alors le lieu de décollage parfait : une pente douce située dans la bonne direction par rapport au vent du jour et du moment.
Et c'est quand que je cours moi dans tout ça ?

Vous pensez peut-être qu’ils ont mouillé leur index avant de le pointer en l’air, comme vous faisiez quand vous étiez enfant. Que nenni ! Deux autres techniques servent à indiquer la direction du vent aux professionnels : le ramassage et lancer de brindilles pour voir comment elles s’envolent et, surtout, la manche à air, laquelle donne une idée à l’allure approximative de la vitesse et direction du vent. Après avoir rapidement déniché le point de décollage idéal grâce à l’habitude, les parapentistes s’affairent à déployer leur parapente sur le sol. Pendant ce temps, le moniteur qui volera avec Laëtitia lui harnache l’équipement de circonstance et la briefe sur ce qu’elle aura à faire, c’est-à-dire marcher rapidement sur quelques mètres à son signal. Ça a l’air facile comme ça, mais c’était une scène comique à observer (« Donc je vais crier « cours » et là, tu cours » *Laëtitia fait mine d’avancer. Le moniteur la retient* « Non, pas maintenant, quand je crierai « cours » ! *Laëtitia essaye à nouveau de courir, et s’étonne d’être à nouveau retenue. Mine consternée du moniteur. Incompréhension dans le regard de Laëtitia*. « Mais il parlait trop vite ! », se défend l’intéressée au moment où j’écris ces lignes.


Après ces quelques déboires, le décollage prend place et Thomas peut admirer son épouse s’envoler loin dans le ciel. Les autres parapentistes s’élancent également, Thomas se retrouvant seul pendant qu’un dévoué va rechercher tout ce beau monde sur le lieu d’atterrissage, avant de les remorquer à nouveau au sommet du Mount Pleasant. 

Elle s'envole, elle s'envole, elle s'envoooole !
Il y a pire comme endroit, vous trouvez pas ?
Le vent ayant entre-temps changé de direction, c’est d’un autre point que Thomas s’envolera à son tour, après être passé par les mêmes étapes (moins le quiproquo du briefing). Les sensations sont fantastiques, se retrouver à des centaines de mètres  de la terre ferme grâce à une grande voile en tissu est quelque chose à vivre au moins une fois, même pour les plus couillons d’entre nous ! L’expérience du guide lui permet de tirer parti des courants d’air ascendants et de prolonger notre séjour dans le ciel. Nous atterrissons finalement au milieu d’un parc. Il ne nous reste plus qu’à attendre les autres et à retourner à notre voiture.

Profitant d’être dans le coin, nous terminons la journée en parcourant la majestueuse route des collines de Christchurch, dont une section est fermée depuis des années pour nous dévier vers le tunnel surpollué à la visibilité réduite qui s’avère être le seul moyen d’atteindre le port de Lyttelton et y déguster un traditionnel Fish ‘n’ Chips. 
Lyttleton a l'air bien plus joli vu de haut que d'en bas.

A refaire quand vous voulez ! Enfin, pas la partie Lyttelton, en fait, c’est moche. C’est un port d’activité avec de gros bateaux et camions gris parcourant sans cesse la route principale, et puis, ça a été bien endommagé par le tremblement de terre. Vous voyez Charleroi ? Ben ça ressemble à ça.

On dit quoi ? Merci Parapro !

 PS : Nous avons fait une très courte vidéo pour que vous puissiez profiter un peu de l'expérience par procuration :





jeudi 17 avril 2014

Projet perso : Oasis présenté à LudiNord

On peut pas dire que le 1er
proto avait de la gueule.
J’ai parlé à beaucoup d’entre vous du jeu que j’ai créé ainsi que du festival LudiNord auquel il allait être présenté fin mars pour un concours de création. Mais voilà, je ne sais plus qui parmi vous m’a fait promettre de lui donner des nouvelles, alors autant profiter de ce blog pour le faire publiquement et ainsi satisfaire toutes les personnes concernées et/ou curieuses.

D’abord, petit retour historique.

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, le projet est né dans la salle des profs d’une école bruxelloise lors d’un stage en mars 2012. En train de réfléchir à une alternative pour le plateau d’un autre jeu, depuis lors en pause, j’ai créé les tuiles d’Oasis – nom temporaire depuis deux ans – et l’idée de la mécanique de base ainsi que le thème me sont venus spontanément à partir de là. Oui, je sais qu’à la place, j’aurais dû mettre à jour la paperasse du stage, mais vous comprenez, c’était moins amusant.

Version un peu plus chaleureuse et avancée.
J’ai commencé à travailler sur le matériel et, en deux semaines, il était possible de tester pour la première fois un prototype qui ne présentait aucune ombre de tentative d’équilibrage : le but était juste de tester l’idée pour voir si elle valait la peine. A l’époque, il y avait plus de 100 cartes et une cinquantaine de tuiles dont les flèches étaient relativement aléatoires. Aléatoire, voilà ce qui représente bien l’impression qu’on avait à cette époque. Mais le cœur du jeu, le déplacement de gouttes d’eau en réactions en chaine, était une bonne idée. Le thème et les actions aussi, il fallait simplement y mettre une quantité incroyable d’ordre. La recette ne dit pas combien.

Après avoir été d’abord testé avec les amis et modifié de nombreuses fois, avoir vu des dizaines d’idées de règles testées, acceptées (parfois temporairement) et rejetées, après avoir détruit le cerveau de sa créatrice et de ses amis lors de la mise au point du système de débordement, avoir été présenté aux festivals En Jeux, Trolls & Légendes, Paris est Ludique et Brussels Game Festival et avoir épuisé les suggestions des joueurs, le jeu était prêt à recevoir la critique professionnelle et rencontrer des éditeurs à LudiNord. Il n’a alors plus que 54 cartes, dont seulement 5 types différents, et 31 tuiles.

Proto pré-LudiNord.
Mais quand on habite à l’autre bout de la planète, ça ne se passe pas si facilement. Thierry, un ami qui s’était déjà beaucoup impliqué dans l’évolution du prototype, s’est porté volontaire pour être nommé officiellement co-auteur et faire la démonstration du jeu pendant tout un week-end avec sa dévouée compagne Catherine. Il s’agissait non seulement d’être disponible et sur-sollicité pendant un weekend, mais aussi de bricoler plusieurs prototypes et organiser des tests pour être au top. Je tiens à les remercier une fois de plus au passage : c’est bien la première fois de ma vie que je dois admettre qu’une tâche que je confie est mieux faite que si je l’avais faite moi-même.

Et comment ça s’est passé, donc ?

Entre 50 et 60 personnes ont testé le prototype, ce qui porte le nombre total de testeurs (supposés différents) à environ... 350 ! Le jeu semble globalement plaire même si les avis semblent partagés radicalement entre ceux qui accrochent tout à fait et ceux qui n’accrochent pas du tout. La plupart s'accordent à dire que le concept "a quelque chose", ce qui est pour le moins encourageant. Pour sa part, le design réalisé de mes propres mains sur inspiration de Yuri (que je salue et remercie au passage) a fait l’unanimité. Plusieurs éditeurs ainsi qu’un agent d’auteur ont accepté de nous prêter un peu de leur temps et de leur expertise pour mettre en avant de nouvelles imperfections du jeu, qui n’est pas encore prêt pour qu’on envisage son édition.


Une carte du proto
présenté à LudiNord.
Comme nous le savions déjà, le jeu est à la fois « trop familial » et « trop stratégique ». Il nous faut donc simplifier au maximum les règles pour que ce soit réellement accessible pour un public familial tout en diminuant le facteur « chance » pour satisfaire au mieux possible les joueurs plus expérimentés en leur donnant plus d’impact sur le jeu et ainsi assouvir leur désir de se sentir puissant. Accélérer le rythme de la partie et renforcer le thème font aussi partie des requis. Je devrais appeler Tintin, il trouve toujours les solutions à tout.

Nous voilà donc à échanger des e-mails, Thierry et moi, et voilà que je te réponds en rose à ta réponse en bleu à ma réponse en orange et ainsi de suite, tout en impliquant nos partenaires respectifs (on ne partage pas ces choses-là) qui s’avèrent être de très bons testeurs avec de très bonnes idées. La liste des nouvelles règles à tester contient pas moins de trente éléments, plus ou moins combinables, à valider comme une réponse à Qui veut gagner des millions ou jeter comme une vieille chaussette pourrie. Des heures de jeu en perspective pour tester les différentes variantes avant de passer à la neuvième version des règles. A l'heure qu'il est, nous en avons déjà retenu quelques modifications.


LudiNord

Quant au festival lui-même, Thierry serait mieux placé que moi pour en parler, mais tentons quand même quelques lignes parce qu'après tout, c'est pas son blog (na !).


Page Facebook ici.
Comme à tous les festivals, on rencontre beaucoup de gens, on discute, on n’a pas le temps de tester les autres protos, et on reconnaît de loin quelques personnalités fortes du monde ludique francophone. Mon avocat m’interdit de citer ici qui que ce soit.

Comme à tous les festivals de jeux de société, l’équipe de gentils, adorables et éternellement dévoués organisateurs et bénévole était super sympa et disponible pour toute question ou demande, aussi saugrenue soit-elle… Non, mais vous imaginez quoi, là ? Il parait que les chiffres, ça impressionne, alors en voilà un : l’armée de T-shirts jaunes (couleur du festival, on se demande d’ailleurs pourquoi le logo est rouge) comptait plus de 150 soldats au service des exposants et visiteurs. Bon, pas tous en même temps, je suppose.

Ce qui est particulièrement remarquable, dans tout ça, c’est l’organisation impeccable, fournissant des espaces plus calmes où se poser pour manger et la nourriture qui va avec, mais aussi des bons plans logement et transport, particulièrement pour les créateurs. Ils envoient des e-mails clairs avec des instructions claires qui ne peuvent provoquer qu’un sur-réjouissement de déjà y être… qui se transforme très vite en une profonde déception de ne pas pouvoir y participer personnellement. Evidemment, ça donne une Laetitia plus énergétique qu’une barre de céréales pendant tout un weekend à tourner en rond chez elle, malgré les amis venus justement pour jouer.

J'ai engagé des espions pour photographier
discrètement la table d'Oasis.
Bref, je conseille vivement à quiconque en a l’occasion de se rendre à LudiNord pour passer un agréable weekend à jouer, tester des jeux en cours de développement, donner son avis, acheter quelques perles ludiques et rencontrer des gens sympa. Même si vous n’êtes pas des joueurs invertébrés invétérés ! Dans ce cas, vous trouverez toujours quelqu’un qui vous initiera à l’un ou l’autre jeu pas trop compliqué, avec le sourire en prime.


Et la suite ?

Pour nous, on compte bien faire d’autres festivals par la suite, si possible pas trop loin de la Belgique (probablement un retour à PeL, au BGF et à En Jeux !), mais la priorité est de déterminer les nouvelles règles du jeu. On envisagera alors éventuellement une collaboration avec Forgenext, une agence ludique, pour fignoler ce qui j’espère seront les derniers réglages du jeu avant d’entamer de nouvelles démarches vers des éditeurs - mais il ne sera pas "fini" pour autant.


En tout cas, n'hésitez pas à surveiller le site de LudiNord (lien sur le logo), à l'affût des dates 2015 !