samedi 28 février 2015

Henrotte family tour - Jour 1


Quand 5 zouaves font un Road Trip à travers l'Ile Sud, il faut s'attendre à beaucoup de burlesqueries, surtout de la part de certains membres que nous n'allons pas citer ici, comme par exemple Brigitte.

Jour 1 : Rakaia Gorge, Tekapo et Marie-Thérèse

Tout le monde est prêt ? On a pensé à la nourriture, aux vêtements, à son maillot ? Rennie est embarqué ? C’est parti pour la route !

Destination : Rakaia Gorge

La famille H-O-R-D se sardinise dans notre brave Vento (article non sponsorisé) qui a tout juste cinq places et met à profit les heures passées devant Tetris pour parvenir à caser toutes les affaires dans le coffre avant de démarrer. Très rapidement, l’ambiance à bord atteint son paroxysme : pas assez d’air, trop de vent, musique trop fort, musique qu’on n’entend pas, vitesse trop ressentie… Après avoir parcouru une partie du chemin long, droit et ennuyeux qui nous mènerait logiquement vers Arthur’s pass, nous bifurquons heureusement vers une route censée être plus « scénique » et moins fréquentée, surtout un samedi d’été juste avant Noël. Direction Rakaia Gorge !

A l’approche des coordonnées géographiques entrées dans le GPS, nous repérons un parking et une aubette d’information inutile car fermée. Un petit ravitaillement est le bienvenu avant une marche d’environ une heure sur la colline. Notre brave Alain, l’homme de la situation et de la logistique, sort tout du coffre : fruits, gâteaux faits maison, tranches de poulet grillées, pain, fromage, carottes râpées, yaourts, couv… Comment, ça, personne n’a pensé à prendre des couverts ? Même pas un couteau ?? Allons-y au canif, alors ! (c’est un petit fien, et je sais que tout le monde connaît cette blague mais m’en fiche)
 
A la guééér comme à la guéééér.
La légende raconte qu’il y a longtemps, un monstre nommé Taniwha vivait à Rakaia gorge. Un jour, un démon est venu sur ses terres. Ne parvenant pas à le chasser, le Taniwha l’emprisonna dans un énorme amas de pierres ramenée des montagnes. C’est ainsi que le lit de la rivière est devenu plus étroit et bordé de deux murs de pierres. Le démon est devenu le vent chaud du nord-ouest, contre lequel l’esprit du Taniwha continue à lutter pour offrir des jours moins venteux à la région du Canterbury.

La région propose une piste relativement facile, sinueuse et semi-sauvage à travers une forêt à flanc de colline. Ça monte, donc. La superbe vue sur la rivière et la vallée se magnifie progressivement tout au long de la randonnée et atteint son sommet depuis celui de la colline. Là-bas deux options s’offrent aux marcheurs : faire demi-tour pour redescendre en un total de moins de cinq kilomètres, ou continuer pour faire une boucle de onze kilomètres. 

C'est quand même pas moche tout ça.


Une winneuse après l'effort.
"Regarde Alain, je suis un cyclope !"
Destination : Tekapo

La route vers le lac Tekapo et la ville éponyme se fait longue. Pour pallier à l’ennui, on tente les vieux classiques : « Allez, Elodie, compte les voitures ! [5 secondes plus tard] Un… » [une minute passe, puis deux, puis 15] Pas d’autre voiture en vue. Heureusement, la technologie a repris le flambeau pour nous occuper (mais pas Thomas qui conduisait, le brave courageux téméraire !).

*broum, broum, vrrrrrrrrrrrrrrrr*

Cette personne âgée a perdu l'usage de son sourire dans
un grave accident d'absence d'humour. Aidez-la en lui faisant
un don. La plus petite blague pourrie compte !

Tekapo en vue ! Le temps n’était pas parfait mais pas pluvieux non plus. Nous avons donc logiquement eu la magnifique surprise de découvrir un arc-en-ciel sur le lac. Qui oserait rêver mieux ? Notre première destination, l’observatoire, venait malheureusement de fermer. A environ dix-huit heures trente, nous avons donc choisi l’autre direction, afin de s’adonner à une balade reposante le long du lac MacGregor et s’en mettre plein la vue sans trop de touristes aux alentours.

Si ça c'est pas la classe à la néozélandaise ?
Marie-Thérèse BnB à Tekapo

Nous avons planifié notre parcours, nos activités et réservé tous nos motels dès que nous avons eu connaissance des dates d’arrivée de nos visiteurs. C’est-à-dire environ dix mois à l’avance. Cela nous a permis d’obtenir les meilleurs logements disponibles pour notre séjour à des prix tout à fait corrects, le tout via Booking.com, qui offre généralement des conditions avantageuses à ses utilisateurs.

Le Marie-Thérèse BnB nous accueille dans un deux-pièces composé d’une chambre et d’un salon-cuisine, où se trouve aussi un double lit afin de maximiser la capacité du logement. Le tout est propre, décoré sobrement et avec gout. On a également un très bon accès à Internet, ce qui est rare, un petit-déjeuner tout prêt qui nous attend dans le frigo et une magnifique vue sur le barrage du lac Tekapo. Jugez par vous-mêmes.

La vue depuis notre B&B: faudrait être difficile.

dimanche 4 janvier 2015

Bilan 2014 et objectifs 2015

Incroyable, 2015 est déjà là ! Alors après vous avoir souhaité une magnifique année 2015 pleine de bonnes surprises et de défis afin de dépasser vos limites, nous allons reprendre notre liste d'objectifs et voir ceux que nous avons réalisé, ceux qui seront reportés, et ceux qui ne le seront pas.

Découvrir la Nouvelle-Zélande et ses environs

-          Nager avec des dauphins Ici !
-          Voir des kiwis vivants en vrai Ici !
-          Visiter Akaroa Ici !
-          Visiter Dunedin Oops ! On doit rédiger cet article et le mettre en ligne. Désolés !
-          Visiter Queenstown Fait en décembre, un peu de patience !
-          Visiter Kaikoura Ici !
-          Se les geler dans notre maison en hiver Ici !
-          Visiter Puzzling World à Wanaka Fait en décembre, un peu de patience !
-          Visiter une île du Pacifique Ici !

Entretenir les relations

-          Recevoir nos premiers visiteurs belges parmi nos amis/famille Trois cargaisons nous ont été livrées en 2014, une quatrième est attendue en janvier.
-          Accueillir des Couchsurfers de 20 pays différents On est seulement à 17, la faute aux trop nombreux Allemands et Français :p
-      Recevoir nos amis une fois par mois à l’occasion des soirées jeux de société du mercredi et du vendredi On a reçu les soirées jeux certainement plus de douze fois, mais pas tout à fait une fois par mois. Ajoutons à cela les sessions supplémentaires de "Game design" et le compte est bon.
-          Organiser une « Puzzle Party » J'y ai pensé, j'y ai pensé, mais d'autres projets ont pris le dessus.
-          Fêter un vrai Noël en juin ou juillet

Une jolie table de Noël en hiver pour notre fête
avec nos amis expats de l'hémisphère nord.
Être créatifs

-          Publier deux articles par semaine sur notre blog On a tenu six mois... puis on a manqué de motivation, de disponibilité intellectuelle et de sujets. On a encore quelques articles non terminés en attente, on les livrera dès que possible.
-          Réaliser et rendre testable le prototype d’un nouveau jeu de société Ici ! Vous pouvez même l'imprimer et y jouer !
-          Trouver un éditeur pour Oasis (et un nouveau nom) Loin de l'effervescence ludique, difficile de trouver suffisamment de testeurs et d'éditeurs pour faire avancer ce jeu. D'autres ont vu le jour, par contre.
-          Lire un livre sur la création de jeux de société
-          Réaliser un sac distributeur de chaussettes au cours de couture J'ai simplement abandonné le cours de couture, parce qu'il fallait se lever tôt le mercredi, parcourir 4km à vélo, payer 3$ et passer la majorité du temps à attendre la personne de référence pour avoir des conseils et directives.
-          Réaliser ma propre glace faite maison Version 1 : mélanger divers ingrédients et mettre le tout au congélateur, puis remuer toutes les deux heures. Version 2 à mon annif : refroidir de la crème aromatisée (amandes mmmh) avec des glaçons et du sel.

Divers

Environ 60 personnes jouaient dans deux salles
lors de l'évènement "Learn & Play Boardgames".
-          Réaliser cinq puzzles de 1000 pièces ou plus
-          Essayer 20 nouveaux jeux de société (Edit : objectif revu à 50) Objectif explosé, 86 nouveaux jeux essayés dont certains adoptés.
-          Réaliser un score de 25/25 ou 28/30 à Hanabi Deux fois !
-          Trouver une robe longue derrière et courte devant J'avais oublié "jolie", "qui me va" et "à prix abordable"...
-          Devenir démonstratrice et revendeuse de jeux de société Faute d'avoir un numéro de TVA et accès aux jeux à prix distributeur, j'ai réussi à nouer des contacts pour organiser un évènement ouvert au public pendant une journée, qui a eu pas mal de succès. J'ai aussi posté des annonces pour des démos à domicile, mais je n'ai pas eu de retours.


Grands moments 2014

Laetitia :
Voilà comment on a fait de la glace
à mon anniversaire surprise ! Merci Steph !
- J'ai rendu visite deux fois à mes dauphins préférés.
- J'ai rejoint l'équipe du magazine spécialisé en jeux de société Plato. Peu de participation pour le moment à cause de l'éloignement, mais déjà une expérience très enrichissante.
- Je me suis fait avoir par un anniversaire surprise avec (presque) tous les gens que j'apprécie ici, merci encore, même si vous ne nous lisez pas !
- Le moment où Romain, venu de Belgique avec mon amie Laura, a fait demi-tour et s'est mis à rouler sur la bande de droite. En choeur : "A gauche ! A GAUCHE !" - "Quoi, à gauche ?"
- Le moment où, dans le stress de l'organisation de mon évènement jeux, je me suis mise à parler en français à une copine croate. "Ça va ?" - "Ça va !" - "T'as vendu beaucoup de trucs ? Tu peux faire une pause si tu veux, je te remplace" - "I don't understand a word of what you say" (je ne comprends pas un mot de ce que tu dis) - éclats de rire.

Thomas :
- Les deux road trips, sur l'île Nord en octobre et sur l'île Sud en décembre (article à venir !), qui nous ont montré tant de beaux paysages.
- Le parapente sur les hauteurs de Christchurch, éblouissant !
- Le World Buskers festival, gratuit et qui accueillait des artistes de rue de très grand talent.
- Quatre jours intensifs de jeux de société à Hanmer Springs.
- Prendre un des meilleurs repas de ma vie dans l'école d'hôtellerie de Tonga.
- Se transformer pendant une semaine en famille d'accueil pour deux étudiantes japonaises : une expérience culturelle pleine de défis mais très enrichissante.
- Ma rencontre avec une voiture dont la conductrice ne daigna pas vérifier que je circulais à vélo dans le rond-point avant de s'y engager. Résultat: poignet fracturé, beacuoup de contusions un peu partout et plusieurs semaines d'arrêt. Au moins, ça me laisse le temps de beaucoup lire.


Et pour 2015 ?

Pas encore de liste de projets bien définie, mais on a quelques idées de ce qu'on voudrait réaliser. On vous souhaite en tout cas que votre rétrospective 2014 soit aussi positive que la nôtre, avec la plupart de vos objectifs réalisés. Si ce n'est pas le cas, on vous souhaite de prendre votre vie en main et mener 2015 de façon à en être satisfaits. Bonne année !

mercredi 31 décembre 2014

Road trip sur l’île Nord : Partie 3, la fin du périple

Eh oui, nous sommes le premier janvier et vos bloggeurs préférés sont déjà au rendez vous, ne s'accordant aucun répit pour vous conter les récits du pays des Hobbits.

Les deux derniers jours de notre escapade îlenordique, bien que moins riche en rebondissements pierrerichardesques, nous a quand même donné de belles choses à voir et valaient à coup sûr le détour...


Jour 5 : Musée, burger et re-ferry (Foxton - Wellington - Picton)

A Wellington, on aime bien les trucs qui ne servent à rien.
Le cinquième jour, déjà le dernier que nous passerons sur l’île du Nord, sera dédié à la charmante capitale néozélandaise, Wellington. Faute de temps, nous n’avons pas pu découvrir toutes les merveilles que ne doit pas manquer de recéler cette ville portuaire réputée pour sa culture, sa gastronomie et son vent permanent. 

La première chose qui nous frappe en arrivant est le charme plutôt européen du centre, avec ses rues piétonnes bordées de boutiques. De quoi nous laisser tenter par une petite balade jusqu’au port. En chemin, bien que nous ne pouvons pas vraiment parler de gastronomie, nous nous laissons tenter par un Burger Fuel, qui propose une expérience burgerienne une bonne dizaine de niveau au-dessus de ce qui se fait dans nos contrées.

Le musée Te Papa, situé en bord de mer, est le plus grand du pays. Ses six étages abritent une quantité phénoménale de collections de tous les domaines : Histoire du pays, science du tremblement de terre, culture maorie, art néozélandais pour n’en citer qu’une minuscule partie. Une des « attractions » qui nous a le plus marqués est le simulateur de tremblement de terre, un morceau de maison dans lequel on ressent réalistement les secousses. On comprend sans mal l’avertissement à l’attention des personnes ayant été traumatisées suite aux tremblements de terre de Christchurch. 

Voici ce que donne un croisement entre arts Maori et moderne.

Leur collection virtuelle est très bien fournie également, notamment grâce à la possibilité de rechercher une basede données de 30.000 photos utilisables librement. Kiwi sur le pavlova, tout ceci est gratuit, bien que les dons soient encouragés et amplement mérités.

Notre temps sur l’île du Nord s’achève : notre ferry nous attends pour effectuer l’itinéraire inverse, au revoir île du Nord ! Pour ne plus faire de route à cette heure tardive, nous logeons directement à Picton.


Jour 6 : Home sweet home (Picton - Kaikoura - Christchurch)

Même avec des nuages, c'est quand même vachement beau.

Pour la dernière journée de notre Road Trip, nous optons pour une marche le long du Queen Charlotte Sound. Bandes de terre offrant une protection au port de Picton contre les tempêtes marines, l’endroit est idéal pour admirer la rencontre de l’océan et des collines. 

Les oiseaux, les seuls qui ont des maisons solides dans ce pays.
De Picton, nous mettons le cap plein sud, nous ravitaillant une ultime fois à Blenheim et nous arrêtant peu avant Kaikoura afin d’admirer les otaries vivre leur train-train dans leur colonie inaccessible aux touristes. Alors que les bébés se font allaiter par leur mère ou font trempette dans les points d’eau peu profonds, les mâles se battent agressivement en se mordant à sang. Quelques kilomètres plus loin, une jolie plage, quasi déserte à l’exception d’un pêcheur et d’une otarie en quête de tranquillité loin de l’agitation de la colonie, offre un cadre agréable pour la balade finale du voyage.

Les deux dernières heures de routes seront à nouveau un très bel exemple du caprice de la météo dans ce pays. A quelques minutes d’intervalles s’enchaînent des zones de pluie battante, suivie d’un soleil radieux avant de nous replonger dans une tempête. Ce petit manège s’arrête à l’approche de Christchurch, mais malheureusement c’est la pluie qui remporte la bataille.

Peu importe, nous sommes arrivés à la maison, il est temps de retrouver la Mougnou qui nous attendait impatiemment et de reprendre une vie à peu près normale…

Et voilà, notre route se termine ici...
Avec comme seul regret le changement de plan à Tongariro, ce voyage restera probablement gravé dans nos mémoires. Les highlights étaient nombreux : depuis la Desert Road et son austérité contrebalancée par les monts enneigés qui y trônent, jusqu’à la violence des geysers de Rotorua et au spectacle enchanteur qu’offrent les vers luisants des grottes de Waitomo, nous avons été gavés par moult merveilles de la nature. Mais n’oublions pas l’aspect culturel, car si l’histoire néozélandaise est relativement récente comparée à celle de l’Europe, elle possède néanmoins une richesse propre à côté de laquelle il serait dommage de passer. Entre le centre culturel maori et un des musées les mieux fournis qu’il m’ait été donné de voir, le voyageur intéressé y trouvera son compte.

mercredi 10 décembre 2014

Road trip sur l’île Nord : Partie 2


Oyez, oyez, braves francophones de tous pays !

Le mois passé, je vous racontais le début d’une épopée incroyable. Nos deux premières journées de voyages nous en ont déjà mis plein les yeux, or ce n’est que le début de notre trip, il est temps maintenant de découvrir la suite. À l’aube du troisième jour, nos trois aventuriers téméraires lèvent le camp, parés à affronter tout obstacle qui oserait se dresser en travers de leur chemin...
 
Petit rappel de l'itinéraire

Jour 3 : Geysers, culture maorie et vers luisants (Rotorua - Waitomo - Tongariro) 

En parlant d’obstacle, voici justement qu’attend, inopportunément tapie sous l’herbe du chemin de terre menant hors du camping, une souche d’arbre maléfique. Elle guette sa prochaine victime, qui se trouve être notre pauvre petite voiture sans défense. Et soudain, boooink, la souche émerge de sa cachette et vient buter contre le bas du véhicule. Sous la violence du coup, un morceau de métal se détache et pendouille, désormais inutile, entre les jambes de l’auto.

Même ce kiwi
en est tout retourné.
Impossible de repartir comme ça. Nous imaginons déjà la journée perdue qui nous attend, à patienter dans un garage miteux pour nous faire dire que la réparation coûtera bonbon. Voilà une journée qui aurait pu mieux débuter. Heureusement, Saint AA veille sur nous. Acronyme d’Automobile Association plutôt que d’Alcoholic Anonymous, l’AA est l’équivalent Kiwi de Touring Secours, l’efficacité en plus. Nous leur passons donc un petit coup de fil en tentant d’expliquer le problème et, en moins de quinze minutes, une camionnette de dépannage suréquipée arrive. Le gentil monsieur, Sauveur de son état, inspecte rapidement les dégâts, déclare que ce morceau de tôle n’a d’autre fonction que de créer inutilement la panique quand il se décroche. Ni une ni deux, la protubérance superflue est enlevée par les mains expertes du dépanneur, le tout pour pas un rond puisque chaque membre AA a droit à 6 interventions de ce type par an. Quelle inspiration j’ai eue de m’inscrire ! Voilà $70 bien vite rentabilisés, puisque outre cette petite réparation, la carte AA nous avait déjà permis d’économiser $60 sur le trajet en ferry et nous donnera droit à 10% de réduction pour les 2 excursions de la journée. Béni donc soit le grand AA.

Nous retrouvons notre enthousiasme et faisons cap sur le New Zealand Māori Arts and Crafts Institute. Ce lieu est non seulement un centre dédié à la préservation et à l’éducation de la culture Maorie, mais il s’agit également d’un domaine abritant des phénomènes d’activité géothermique, dont des geysers et des mares de boues. 

"Ajouter une légende", ça tu l'as dit,
blogger.com !
Un guide maori à l’humour vivace nous accueille dès notre entrée dans le centre. Durant une bonne heure, il va nous plonger dans la culture de son peuple. Nous apprenons par exemple que les premiers maoris arrivés en Aotearoa donnèrent les noms de lieux en fonction de leurs propres expériences et perceptions. Ainsi le nom complet de Rotorua est Te Rotorua-nui-a-Kahumatamomoe, ce qui signifie « le deuxième grand lac de Kahumatamomoe », car il s'agit du second lac que ce grand chef a découvert lors de son exploration. Le guide nous explique aussi la signification des sculptures et motifs maoris: ils évoquent des légendes et donnent des enseignements pour qui sait les déchiffrer. En somme, ils servent d'aide-mémoire qui appuient les mythes transmis oralement. Comme le centre forme des étudiants maoris au travail du bois et des plantes fibreuses, nous pouvons y apprécier leur ouvrage en temps réel.

On ne dirait pas comme ça, mais derrière nous
il y a tout un centre culturel.
Après ce captivant étalage du savoir maori, place aux forces de la nature. Le guide nous laisse gambader à notre convenance d’un site géothermique à l’autre, où nous pouvons observer geysers, mares de boue et lacs alcalins. Comme vous le savez peut-être, un geyser se forme parce que de l’eau infiltrée en profondeur est réchauffée et mise sous pression par le contact de roche elle-même chauffée par le magma. Qui dit pression, dit pschiiiiit, or c’est ce que l’eau fait quand elle jaillit vers la surface à des hauteurs pouvant aller jusque trente mètres. Les mares de boue, quant à elles, sont des réservoirs d’argile chauffée à environ 150°C, d’où remontent en permanence des bulles de gaz soufrées, donnant l’impression d’une marmite bouillonnante. Une autre curiosité est le lac alcalin, d’un beau bleu profond invitant à la baignade, mais ne vous y risquez pas si vous tenez à garder tous vos morceaux.

Le résultat d'un bien long mijotage.
Ne vous y trompez pas: ce plan d'eau à l'air accueillant vous
dissoudrait en moins de 2.
Notre tour accompli, plus que satisfaits de la tournure que la journée a pris malgré des débuts peu prometteurs, nous repartons, direction sud-ouest, jusqu’à Waitomo et ses grottes à vers luisants. Réseau de cavernes de calcaire abritant des centaines de milliers de petites larves bioluminescentes, cette attraction vaut à coup sûr le détour. Malheureusement, les photos étaient interdites pour ne pas perturber les petites bête, ce qui est très compréhensible. Aussi faudra-t-il que vous veniez y faire un tour un de ces quatre.

Comme on n'a pas pu prendre de photos des grottes, en voici
une toute aussi jolie des roadtrippers de l'impossible.
Notre guide est un maori tout comme le précédent : une grande partie de la région et leurs attractions touristiques leur appartient. Celui-ci allie connaissances en géologie, histoire, zoologie et même chant. Il nous raconte notamment que durant l’ère victorienne, les aristocrates y descendaient via un système de poulies, et avaient même droit à un morceau de stalactite en souvenir. Rien de tout ça de nos jours : les grottes ont été aménagées et les lois empêchent de détruire le patrimoine naturel. Que voulez-vous, rien ne va plus à notre époque. Après nous avoir décrit le principe de formation des stalactites et des stalagmites, le guide nous emmène dans une grande salle, baptisée "cathédrale", réputée pour son acoustique exceptionnelle. Pour nous en convaincre, il se met à chanter une très jolie chanson maorie. Mais le véritable show se déroule dans la "pièce" suivante : en silence et dans une totale obscurité, nous apercevons une multitude de petites lumières brillant sur les parois, faisant ressembler la grotte à un ciel étoilé. Pour mieux profiter du spectacle, nous embarquons dans un petit bateau et nous nous laissons voguer à la seule lumière des vers luisants qui tapissent le plafond de la grotte. Féerique.


Que le temps passe vite quand on s’amuse ! Nous voilà déjà de retour sur la route, direction plein sud. L’étape de la journée, Whakapapa, ressemble plus à un refuge de randonneurs et de skieurs qu’à un véritable village. Il est situé au pied du mont Tongariro, un volcan encore bien en activité. Le Tongariro Alpine Crossing est d'ailleurs une marche assez technique d’une journée qui, d’après de nombreux guides touristiques, est censée être tout simplement la meilleure du pays. 


Jour 4 : Drache, randonnée et plage déserte (Tongariro - Whanganui - Foxton) 


Notre tente était au beau milieu de cet étang. Bon, on est ptet
pas les plus doués pour le choix de l'emplacement.
Durant la nuit, un invité surprise, qui ne s’était jusque-là pas manifesté, décide que c’est le moment de rattraper le temps perdu, et ce n’est pas peu dire : la pluie se met à tomber en torrents, provoquant un véritable déluge autour de la tente. Autant dire que ce n’était pas le meilleur moment pour constater que la tente fuyait, non de terreur mais plutôt à cause de petites déchirures que nous n’avions pas encore remarquées. Résultat : nous nous sommes réveillés au milieu de la nuit avec une piscine sous nos matelas gonflables. Essayant tant bien que mal de contenir l’inondation dans un coin de la tente, nous somnolons jusqu’au petit matin. Même si ça semble incroyable, la pluie battante gagne encore en intensité. Faire trois pas sous ce flot d’eau continu nous semble tout sauf attrayant. Nous serions restés dans notre abri, si ledit abri n’était pas devenu une mare grandissant à vue d’œil. En quatrième vitesse, nous fonçons vers la voiture  (littéralement à trois pas) et, comme prévu, nous nous faisons bien tremper.  Après nous être changés dans la voiture et avoir expédié un petit déjeuner, nous fichons le camp de ce camp maudit, déçus de ne pas pouvoir faire cette marche qui semblait si prometteuse.

Conduire sous cette tempête est loin d'être une partie de plaisir. Les essuie-glaces sont totalement inutiles,  et le risque d’aquaplanage bien réel. Ce n'est que grâce aux compétences surhumaines de votre serviteur que tout le monde sort de cette nouvelle épreuve sain et sauf. 

Oui, cette photo a bien été prise le même jour
que la précédente.
Vous ne nous croirez pas mais, une demi-heure plus tard, la pluie se calme. Et même, alors que nous atteignons la petite ville de Wanganui, le soleil est tellement chaud que nous devons sortir la crème solaire indice 50 pour ne pas brûler…. Bienvenue en Nouvelle-Zélande, où dire que la météo est capricieuse est un énorme euphémisme.

Malgré la chaleur, une furieuse envie de boisson chaude (nous commençons à sécher mais nos os ne se souviennent que trop bien de la mésaventure du matin) nous guide vers la bibliothèque municipale. Si cette phrase vous semble incongrue, c’est que vous n’avez pas encore assimilé le fait qu’en Nouvelle-Zélande, une bibliothèque n'est pas un "musée du livre", comme c'est trop souvent le cas en Europe. Au contraire, il s'agit ici d'un véritable espace communautaire où l'on peut jouer à des jeux de société, côtoyer une classe de maternelles répétant des chansons maories et boire un café. Grâce au gentil serveur-bibliothécaire, à son humour spontané et à son chocolat chaud juste comme il faut, nous sommes requinqués et prêts à arrêter de bouder afin d'apprécier ce que la région a à offrir.

Après un rapide tour de Wanganui, nous restons sur notre faim en ce qui concerne une bonne marche en pleine nature. Sur les conseils de l'office du tourisme, nous conduisons notre adventure-mobile à travers la campagne, sillonnant sur une petite routequi suit les contours d'un fleuve situé en contrebas. Dans ce très bel exemple de la Nouvelle-Zélande rurale, nous croisons quelques fermes éparses et un troupeau de vache en plein milieu de la route, avant d'atteindre notre destination : un coin paumé verdoyant et vallonné, comme il y en a tant sur cette île.
La balade en elle-même, certes loin d’arriver à la cheville du Tongariro Alpine Crossing, vaut tout de même le détour, comme c'est d'ailleurs souvent le cas, où qu'on aille dans ce pays. Arrivés au sommet, nous sommes récompensés de nos efforts par cette vue:

Vue.
Une fois la petit randonnée finie, il est temps de trouver un endroit où passer la nuit. Nous décidons spontanément de camper près d’une plage. Tiens, Foxton, là, sur la carte, a l’air pas mal. Le déluge du matin nous a définitivement fait passer le goût de dormir en tente, mais heureusement, les campings proposent également des huttes, simples cabines de bois aménagées de lits et d'un coin cuisine. Comme à la maison, en somme (surtout au vu des standards d'habitation d'ici).

Avant de prendre un repos bien mérité, nous nous dirigeons vers la plage locale, déserte et séparée du village par une barrière de jolies dunes. Un endroit idyllique pour admirer un coucher de soleil qu'on n'aurait pas espéré, vu comment cette journée a commencé...

Les seuls êtres humain à des kilomètres.


[À suivre...]

samedi 22 novembre 2014

10 choses que vous ne saviez pas sur les Néo-Zélandais

Il faut bien un titre accrocheur dans l'air du temps pour cet article qui se veut caricatural avec un fond de réalité. Après des mois à côtoyer les habitants de cette ile du bout du monde, nous pouvons dresser un portrait de la culture, du mode de vie, de la mentalité et du caractère néo-zélandais, basé sur nos observations, nos expériences, et quelques récits d’autres personnes qui ont confirmé nos impressions. C’est parti !

Pourquoi Zalando n’existe pas en NZ

Il arrive régulièrement de croiser, dans la rue ou au centre commercial, des locaux qui ne se sont pas encombrés de chaussures. En toute saison et à toute heure, été comme hiver, de jour comme de nuit, ces gens qu’on serait tentés d’appeler « énergumènes », se promènent sur tous types de sol à pieds nus ou en « jandals » (pour « Japanese sandals »), ce qu’on appelle chez nous (et chez les Australiens) des tongs. Tellement que cet accessoire fait partie de la panoplie de symboles de la Nouvelle-Zélande.

Des businessmen dans l’âme

Les Kiwis sont généralement des gens très honnêtes, trop, même. Ainsi, comme vous avez pu en avoir un avant-gout dans notre article sur les garage sale, il arrive régulièrement que, dans un élan de générosité, ils négocient en leur défaveur, diminuant spontanément un prix qui nous arrangeait pourtant déjà, ou ajoutant un objet gratuit dans la transaction. Qui refuserait ?
Mais voilà, l’autre extrême existe aussi, en minorité. Celle qui fera tout pour se procurer des objets d’occasion à prix ultracassés (voire sans prix parce que volés), puis les revendra à un prix plus élevé que celui du même objet neuf. Le tout, c’est de les repérer et soigneusement les éviter. Et généralement, la communauté Facebook tout entière se soulève et dénonce le malhonnête lorsque ça arrive.

Exemplaires de jeux néo-zélandais
100% NZ owned and operated

Le titre de ce paragraphe correspond à un label qu'on trouve, bien en évidence, sur toute communication de la part des sociétés locales. Leurs gérants aiment se démarquer en clamant haut et fort qu'ils n'ont rien à voir avec une quelconque multinationale, et que l'argent gagné restera en Nouvelle-Zélande, assurant ainsi que les diverses taxes serviront le pays.

Cette volonté de mettre en avant le travail et l'économie kiwis trouve généralement un écho chez les clients, qui privilégieront spontanément les produits de chez eux. Le vice est poussé jusqu'à soutenir de mauvais jeux de société lancés sur Kickstarter, juste pour encourager ses compatriotes. Véridique.



Je grignoterais bien encore un peu ? Non, je ne peux pas
lui ôter le plaisir de tondre sa part. Allez, un peu.
Oh, et puis, je ne vais quand même pas le faire pour lui !
Plus verte chez le voisin

Tondre sa pelouse est ici élevé au rang de hobby, aux côtés de diverses choses agréables à faire, dont probablement « contempler pendant des heures sa belle pelouse bien égalisée ». Pour preuve, dès que le moindre rayon de soleil se pointe, il est impossible de passer une journée sans entendre une tondeuse gronder dans le voisinage. Il nous a aussi été donné de voir quelqu’un finir aux ciseaux le bord de la pelouse devant sa maison. Ce n’est donc pas une légende ! Quand ils passent chez nous en vacances, les gens d’ici sont choqués de voir comme on laisse pousser l’herbe. Les propriétaires n’hésitent pas à faire des remarques aux locataires quant à l’état de la pelouse. À vrai dire, il faudrait idéalement la tondre toutes les semaines. Bien sûr, justement, on a beaucoup de temps à perdre !




Il fait beau, aujourd’hui !

Les Kiwis sont les pros des discussions superficielles inutiles. Il suffit d’observer n’importe quelles deux femmes qui se rencontrent, avec un bonus si elles sont bien habillées, et écouter leur conversation. Les « comment va telle personne ? » trouvent une réponse aussi vague que « Pas trop mal » et les commentaires sur la météo des deux dernières semaines s’enchainent à une vitesse folle. Il est facile de rencontrer des gens, mais difficile d’entrer dans une vraie relation car tous semblent, a priori, porter un masque social. D’ailleurs, il faut presque les harceler pour obtenir leur avis sur quelque chose. La première réponse sera toujours vaguement positive. L’attitude décrite dans ce paragraphe semble aller de paire avec l’apparence de leur jardin : il faut renvoyer une bonne image de soi.

Et en cas de souci…

Dans ce même caractère retranché, le Néo-Zélandais est quelqu’un qui évite la confrontation, surtout en cas de conflit. Il sera gentil et se montrera plein de bonnes intentions face à vous, voire ne montrera rien de ce qu’il ressent comme un problème, mais il fera le nécessaire pour servir son dessein dans votre dos, si possible en passant par un tiers. Une anecdote ?
C’était au magasin où je suis volontaire. Un jour, deux camionnettes des ouvriers du bâtiment d’en face restent garées pendant des heures sur les places express juste devant le magasin, là où les clients s’arrêtent pour décharger leurs dons ou faire du shopping rapidement. Solution belge ? Aller voir les ouvriers et leur demander gentiment de bien vouloir déplacer leurs véhicules. Solution NZ ? Se plaindre auprès de dix clients pendant une heure et puis appeler la police sous couvert d’un problème de circulation.

C'est... euh... Jules César ?
Non, Napoléon !
(merci Wikimedia pour l'image)
Côté culture générale

Ah, ce jeu petit, rapide, simple et plein de défis qu’est Timeline ! Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’estimer la date d’un évènement ou de l’invention d’un objet en positionnant la carte correspondante « avant » ou « après » d’autres éléments datés, afin de former une ligne du temps. Eh bien, ce jeu permet aussi d’atteindre le summum de l’ennui en assurant une victoire sans résistance à quiconque décidera de se mesurer à des Néozélandais. En effet, ces derniers ne bénéficient pas de cours d’histoire aussi touffus que les nôtres, ni de représentation des diverses époques, ni même, allons jusque-là, de bon sens. Oui, les lunettes ont probablement été inventées avant le microscope… Bref, la faute à leur pays vieux de deux cents ans, probablement. Surtout, ne pas s’intéresser à ce qui s’est passé plus tôt à d’autres endroits du monde !

La vraie solution

Ici, les caddies de supermarchés ne nécessitent pas de pièce en caution pour être utilisés. Il en résulte des caddies abandonnés un peu partout dans la ville, que ce soit juste devant le supermarché ou sur le bord d’une route quelconque. Plutôt qu’essayer de responsabiliser les clients ou placer un dispositif préventif comme chez nous, certaines chaines de supermarchés ont préféré ajouter à leur site Internet une section pour permettre à tout un chacun de signaler les caddies abandonnés qu’il aurait rencontrés. Du personnel est donc employé pour, en permanence, rassembler et remettre en place ces énormes paniers métalliques à roulettes.


Le paradoxe du « service »

Alors que dans toute offre d’emploi, l’accent est mis sur la capacité à apporter un service de qualité au client, certains font l’impasse totale sur cette notion et veulent uniquement empocher le fric le plus vite possible. Ça dépend peut-être du domaine ? Ainsi, à l’orée de l’hiver, certains se font livrer du bois de chauffage. Une remorque pleine pour quelques centaines de dollars. La livraison à laquelle nous avons assisté ressemblait à cela : le livreur impatient, debout sur la remorque, observe la scène et envoie de temps en temps une bûche par terre pour former un tas, sans prendre garde au fait que quelqu’un soit ou non en train d’en ramasser une au même moment, deux braves hommes forts se baissent pour ramasser ces bûches et les aligner contre le mur, deux femmes les aident, dont une ayant un tout jeune bébé. Dès que le bois est hors de la remorque, le livreur s’en va et laisse les autres s’affairer au travail encore une demi-heure. Choquant, non ?

Explosions de joie

Entre le 1e novembre et le début de la nouvelle année, il est très courant de voir et entendre ses voisins faire des feux d’artifices le soir venu – et encore, parfois, ils n’attendent même pas qu’il fasse noir. Cela peut s’expliquer par la Guy Fawkes Night, célébrant le 5 novembre l’échec d’un attentat mené par des catholiques contre le parlement britannique, et aussi le fait que le roi Jacques 1e a échappé à cet attentat. À moins que le 5 novembre dure plusieurs jours, cette fièvre explosive peut aussi s’expliquer par les promos de saison d’un magasin très fréquenté. Oh, et puis, c’est chouette, les feux d’artifice ! Pourquoi avoir besoin d’une occasion ?