dimanche 20 juillet 2014

Vins, pluie et re-pluie au centre du long nuage blanc


Parfois, les décisions prises spontanément entraînent des expériences bien plus profitables et intenses qu’un choix mûrement réfléchi. Malheureusement, accompagner notre couple d’ami Hongro-Fidjien dans le Nord de l’île ne fut pas une de celles-là.

Là, il fait encore vachement beau par rapport à la suite.
Sur un coup de tête, Marta, notre Hongroise favorite, nous avait invités le lundi même pour un long weekend dans la région du Marlbourough, réputée non pas pour ses cigarettes, mais pour un représentant de l’autre drogue dangereuse de consommation massive, j’ai nommé le vin. De fait, les deux tiers des vignes du pays se trouvent dans cette région connue pour son important ensoleillement.
Ayant accepté la proposition avec joie, nous nous retrouvons tous les quatre le vendredi matin pour quelques heures de route qui nous emmènent d’abord à Kaikoura (que vous connaissez déjà), puis à Blenheim, la capitale de la région. 

Manque de pot, après avoir brillé les deux premières heures du trajet, le soleil laisse la place aux nuages chargés de pluie. Il semblerait que nous soyons tombés sur le seul weekend de l’année où le ciel a décidé de lâcher son lest une bonne fois pour toutes. Nous ne nous laissons cependant pas décourager et parcourons le coin afin d’en découvrir les particularités. De nombreux vignobles proposant des dégustations gratuites, nous ne manquons pas de faire plusieurs arrêts afin de profiter des excellents vins du pays, même si aucun de nous  n’y connaît grand-chose au final. Si vous êtes plutôt amateurs de bière, sachez que vous trouverez aussi votre bonheur, car une ou deux brasseries se dissimulent parmi les vignes, et pour peu que vous tombiez sur un serveur bien éméché, vous comprendrez que les néozélandais savent se montrer généreux lorsqu’ils vous font « goûter » leurs produits maison. Pour finir, une petite chocolaterie artisanale propose des friandises tout à fait acceptables pour le pays. Du très bon choix donc, même si une Laëtitia dépitée rétorquera qu’elle n’a profité de rien car elle n’aime ni l’alcool, ni le caramel ou le chocolat à l’orange proposés en dégustation.

Remarque de l'intéressée :
C'est surtout, cette chocolaterie était présentée comme une "Chocolate factory" à visiter. Les ateliers étaient bel et bien derrière une vitre, par laquelle on pouvait parler avec les maîtres (hum hum...) chocolatiers et observer leur travail. Ils avaient l'air d'avoir fini journée, mais on pouvait toujours admirer avec curiosité les dizaines de couteaux et divers ustensiles communs ou bizarres, sans savoir comment ils les utilisent.
Un abri cosy comme celui-ci fut de très bon augure.

Après cette balade du terroir, nous reprenons la route, cap plein Nord, jusqu’à la petite ville paisible et côtière de Picton. Lieu de villégiature apprécié des Kiwis, cette bourgade d’où partent tous les ferries pour la capitale est nichée entre les montagnes et la mer. Il est déjà 17h et la nuit arrive (nous sommes en hiver, je vous rappelle), la pluie tombe de plus en plus dru, aussi est-il temps de nous réfugier dans un chouette motel hébergeant, outre ses vacanciers, l’internet le plus lent du monde. A ce propos, saviez-vous que la vitesse de connexion moyenne en Nouvelle-Zélande est de moitié seulement celle en Belgique ? Je pense que cet hôtel y est beaucoup pour faire chuter les statistiques nationales.


Le lendemain, vu la pluie battante qui a encore empiré durant la nuit, nous envisageons d’écourter notre séjour. Assez démotivés, nous partons néanmoins pour Nelson, une autre ville du littoral Nord de l’île Sud et qui se trouve au centre géographique de la Nouvelle-Zélande. Nous espérons malgré tout une providentielle accalmie, qui nous permettrait au moins de faire une petite marche d’une heure. Finalement, le temps se gâtant encore un peu pour bien nous faire comprendre que nous ne sommes pas les bienvenus, nous abandonnons et, à la place, allons visiter le monument le plus notable de la ville : sa cathédrale anglicane faite de blocs de béton, construite entre 1925 et 1965. Un site historique inestimable pour les Kiwis qui s’extasient dès qu’un bâtiment a plus d’un siècle, rien de bien impressionnant pour les Européens que nous sommes (aux trois quart). 

Picton et son port à ferries.
"Ben, c'est une église, quoi."


Nous entamons finalement le chemin du retour, avec l’impression d’être passés à côté de plein de merveilles de la nature, telles que le Queen Charlotte Drive ou les lacs de Nelson, que ces contrées n’auraient pas manqué de nous livrer, pour peu que la météo ait été un tant soit peu de notre côté. Que voulez-vous, on ne peut pas gagner à tous les coups.

dimanche 29 juin 2014

Professionnellement parlant

Ceux avec qui nous n’avons pas eu de contact explicite ces derniers mois ou semaines se demandent probablement comment on s’en sort, si le doctorat de Thomas avance bien et si Laetitia a trouvé un boulot… On vous sert ici les dernières nouvelles sur un plateau.

Prof de français, hein ?

Commençons par le cas désespéré mais pas tant de notre chère Mougnou féminine. Bon, je vais arrêter de parler de moi à la troisième personne.
Vous saviez qu'ils ont dix façons de compter, si ce sont
des gens, des machines, des animaux, des trucs plats...
J’ai donc bien trouvé en août 2013, soit avant même notre arrivée, un poste de professeur de français pour LCF Fun Languages, un club de langues à horaire décalé, pour les enfants après l’école ou les adultes en soirée. Le job de rêve, parfait. Mais voilà, si l’espagnol et le chinois mandarin semblent avoir des adeptes, le français ne partage pas la vedette. Cela pourrait s’expliquer en partie parce que les gens qui veulent apprendre le français pensent spontanément à l’Alliance Française (qui n’a jamais répondu à ma postulation) ou sont trop fainéants que pour téléphoner et effectivement démarrer leur apprentissage. Conclusion : en tout et pour tout, j’ai donné cours pendant deux mois à une famille qui voulait apprendre le français avant de partir en vacances au pays du croissant, du fromage et du vin (pour entretenir les stéréotypes).
A côté de ça, j’ai bien entendu posté quelques annonces sur Internet et au supermarché. Le nombre de personnes m’ayant contactée par ce biais s’élève à 5. Le nombre de personnes parmi elles que j’ai effectivement rencontrées pour donner cours s’élève à zéro, malgré des relances de ma part.
Dans ce tableau sombre et sans issue, une lueur d’espoir se dessine tout de même : j’ai rencontré via ce type d’annonce un voyageur japonais proposant un échange linguistique. Il voulait au départ améliorer son anglais, mais le français l’intéressait aussi. Voilà donc que j’apprends des bases de japonais tous les vendredis matins après lui avoir enseigné des notions de français.

Et pourquoi pas bosser dans le sous-titrage ?

Une opportunité sans égale s’est offerte à moi quand un ami m’a recommandée auprès de l’équipe du site Crunchyroll, qui offre un service sous-titrage d’animés japonais (on ne dit pas « manga », c’est réservé à la version papier !) avec diffusion quasi simultanée des nouveautés pour les fans du genre. Voilà donc qu’après avoir passé le test de sélection il y a quelques mois, j’occupe l’équivalent d’un quart-temps (parfois un peu plus) à passer après le traducteur pour vérifier les sous-titres en français, ce qui inclut la grammaire, l’orthographe, la formulation et la forme. Un travail de perfectionniste, en somme. Ça tombe bien !
Si la rémunération offerte ne permet pas de faire des folies, elle s’avère toutefois équivalente à celle obtenue en donnant cours, si on compare les 40 minutes supplémentaires de déplacement pour chaque heure de cours au fait de rester chez moi et travailler sur mon ordi. L’exercice physique en moins, par contre…

Cet exemplaire de Plato
a traversé la Terre !
Tant qu’à être volontaire…

Comme déjà raconté dans un article précédent, je fais du volontariat dans un magasin de seconde main lié à une organisation chrétienne. Dans mes moments perdus, je me dis que si j’avais été payée 1$ par heure, j’aurais déjà pu m’offrir un beau jeu de société avec tout le temps que j’y ai déjà passé. Trois heures par semaine, ça va vite…
Non contente de consacrer tout ce temps à une bonne cause, j’ai contacté la rédactrice en chef de mon magazine préféré pour lui fait part de ma motivation à intégrer l’équipe en tant que volontaire. Et j’ai eu la chance d’y être acceptée pour participer à la rédaction !
Me voilà donc en phase d’apprentissage pour m’imprégner des habitudes, tons, sujets, et façons de procéder du magazine belge Plato, dédié aux jeux de société. Si vous ne connaissez pas, vous pouvez aller faire un tour sur leur site Internet, il existe plusieurs e-numéros en guise d’échantillon.
Si la City Mission n’offre pas le resto mensuel entre volontaires, Plato, au moins, m’a fait rapidement parvenir un exemplaire de la dernière parution !

L'employé du mois !
Pendant ce temps, à l’université…

Secrets industriels obligent, votre dévoué rédacteur mâle ne peut malheureusement pas s’étendre au sujet de son projet principal, ni de son projet moins principal d’ailleurs. Je peux néanmoins vous dévoiler que mon travail dans le domaine du diabète avance bien et qu’entre la chimie organique, la biologie moléculaire, les aspects réglementaires et l’étude de commerciabilité, mes semaines sont suffisamment variées que pour ne pas laisser de place à l’ennui. Tout le monde semble satisfait de mes progrès, ce qui n'est pas pour me déplaire. En plus de cela, une demi-journée par semaine est dédiée à un projet secondaire de nanobiotechnologies, avec une autre équipe. Pour être certain de bien diversifier mes activités, je donne également cours particuliers de chimie analytique et de diverses branches de biologie à un sexagénaire bien décidé à décrocher un diplôme universitaire. Bref, j’apprends beaucoup et je suis bien occupé, mais c’est très gratifiant !

jeudi 19 juin 2014

Le Chinese Lantern Festival

Petit retour sur les bancs de l’école, au cours de calcul, avec le problème suivant.
La population Chinoise est la communauté asiatique la plus représentée en Nouvelle-Zélande avec 170 000 individus. Sachant que la ville de Christchurch compte environ 350 000 habitants et que la population asiatique représente 9% de cette masse humaine, environ combien d’habitants de Christchurch sont originaires de Chine ?
Question bonus : quelles sont les probabilités qu’un festival y soit organisé pour le nouvel an chinois ?

C’est donc bien de ça que nous allons vous parler avec quelques mois de retard : le Chinese Lantern Festival qui a eu lieu… le 22 février.

Le calendrier chinois a été établi plus de 2600 ans avant la naissance de notre cher Jésus. Si la date n’est pas très précise, c’est parce qu’il existe en réalité plusieurs versions de l’histoire ainsi que des sites plus appropriés que ce blog pour approfondir la question. Ce qu’il faut retenir, c’est surtout que cette fête très importante qu’est le Nouvel An Chinois a plongé 2014 dans l’année 4711, placée sous le signe du Cheval.

C’est donc l’occasion idéale de rendre hommage en un weekend aux traditions chinoises qui durent habituellement une semaine, ainsi qu’à l’art remarquable qu’est la réalisation de lanternes.

Nous voilà donc embarqués à vélo en début de soirée pour parcourir les deux kilomètres qui nous séparent de l’immense Hagley Park, où se tient la manifestation. L’après-midi était principalement destiné à un public familial avec diverses animations musicales et stands dont certains particulièrement conçus pour les enfants. Beaucoup n’ont pas hésité à emmener leur pique-nique pour passer un moment décontracté sous le soleil estival.
Nous sommes arrivés à l’instant-charnière où les parents se disent qu’il est peut-être temps de rentrer pour mettre le petit Jack au lit et donner à manger à Kitty (noms les plus populaires pour respectivement un petit garçon et un chat), et décident donc de s’en aller pendant que les visiteurs du soir arrivent. Cela n’empêche pourtant pas de nombreuses demi-portions de traîner devant les superbes lanternes exposées dans le parc, et ainsi gâcher les photos de quelques touristes qui doivent déjà attendre que les poussettes passent avant de déclencher leur appareil photographique.

Alors que beaucoup plus de monde que ce qu’on aurait imaginé formait un interminable tapis au sol en face de la scène, nous nous faufilons pour jeter un coup d’œil curieux aux tonnelles qui jonchaient le festival, dont la plupart avaient pour activité principale de vendre de la nourriture tandis que d’autres vendaient des objets divers (dont des lanternes, quelle surprise !) et quelques-uns proposaient des animations, mais ceux-là fermaient pendant que la proportion d’enfants présents au festival diminuait vertigineusement. Le plus intéressant que nous ayons pu voir était une exposition de longues toiles peintes par des écoles pour représenter l'alliance entre la Nouvelle-Zélande et la Chine dans l'année du Cheval. Et puis aussi, nous avons appris que les personnes nées sous le signe du Lapin sont gâcieuses, gentilles et calmes tandis que celles liées au Dragon sont aristocratiques, directes et égoïstes. Devinez qui est quoi... 
Pour clôturer le tout, on a même eu droit à un bref spectacle de dragons traditionnels qui se baladaient dans le parc ainsi qu’à un concert de métal chinois. Ils n’ont définitivement pas la même notion de « métal » que nous…

Finalement, rien d'incontournable, mais c'était quand même sympa de se promener et admirer ces lanternes.

Et maintenant, place aux photos !




Au fait, la réponse est environ 15 000. Bah oui, tous les Asiatiques ne sont pas Chinois ;)