samedi 31 mai 2014

Notre expédition à l'Antarctic Centre

L'en(tarc)trée nous plonge déjà
dans l'am(tarc)biance.
Aujourd’hui, nous allons tenter une expérience encore plus maso que de regarder en boucles de pubs pour le chocolat Galler en se forçant à avaler cette insulte au cacao qu’est le Cadbury : nous allons nous rendre à l’International Antarctic Centre alors que l’hiver s’installe et que nous nous les gelons dans notre maison.

Tout a commencé sur le site bookme qui, parmi de nombreuses offres avantageuses destinées à combler les heures creuses, proposait une réduction de 50% sur les billets complets, incluant l’accès au cinéma 4D et le tour en Hagglund (mais qu’est-ce donc vous demandez-vous, eh bien, lisez la suite et vous vous endormirez moins incultes ce soir, à défaut de moins bête). Cette réduction nous permettant quand même de rester aussi longtemps qu’on veut du moment qu’on se pointe à 9h, j’avoue ne pas avoir trop compris l’astuce, mais ne nous plaignons pas. Il faut bien qu’on épuise les attractions locales, faute de pouvoir voyager plus loin pour le moment !

Nous voilà donc sur la route en direction de l’aéroport, voisin direct du musée où nous nous rendons. Pas bête, il faut bien occuper les éventuels touristes en transit (et, accessoirement, envoyer des avions vers le continent le plus froid de la planète). La gentille dame de la réception nous informe que le musée n’est pas ouvert avant neuf heures. Ça tombe bien, c’est l’heure à laquelle nous sommes prévus. Quelle coïncidence ! On était quand même dix bonnes minutes à l’avance, minutes pendant lesquelles nous avons un peu tourné en rond avant de retourner à l’accueil valider nos billets. «  Oh, mais d’où vous venez ? Qu’est-ce qui vous a amenés ici ? C’est intéressant ! Alors, votre tour en Hagglund sera à 9h15, votre tempête à 9h45, puis vous aurez votre séance cinéma à 10h15. » Chouette, j’ai toujours rêvé d’avoir une tempête rien que pour moi !

Je vois que vous ne tenez plus en place sur votre chaise tant vous désirez savoir. Allez, on va vous le dire, sinon, vous ne serez plus capable de nous suivre.
Le Hagglund, qu’est-ce que c’est donc ? Une petite photo vaut mieux qu’un long discours, mais je préciserai quand même que nous parlons d’un véhicule tout-terrain utilisé pour l’exploration en région polaire. L’idée est de simuler un déplacement en Antarctique sur terrain terreux et boueux cabossé qui pousse l’engin jusqu’à ses limites : montée à 45°, pente de côté à 31°, passage au-dessus d’une crevasse, et j’en passe. Le tout pour finir dans une piscine de plusieurs mètres de profondeur… où le monstre métallique flotte. On aurait attendu tout de ce truc sauf de l’étanchéité. Ça vaut l’expérience !


Nous rentrons ensuite dans le vrai musée. STOP ! Pause photo ! Allez, regardez, souriez, montrez le pingouin là-bas (non, manchot), et n’oubliez pas de venir acheter votre compilation photos-montages de l’Antarctique avec DVD et tout pour 40 $ après votre visite.

Même pas froid ! Pfff, regardez le frileux en rouge derrière.
Vient ensuite la tempête. On se réjouit, tiens. On enfile des protège-chaussures en caoutchouc ainsi qu’un manteau supplémentaire avant d’entrer dans la chambre froide : une énorme pièce remplie de neige ainsi que d’un certain décor fait de glace et d’un traineau, le tout maintenu à -8°C. Lorsque le décompte arrive à zéro, le vent commence à se lever pour simuler une tempête et ainsi atteindre les 50 km/h, avec une sensation de froid amplifiée par ces mouvements d’air qui frappent le visage. C’est peut-être impressionnant, dit comme ça, mais la sensation générale était de sortir emmitouflés par un temps venteux pendant un hiver belge « normal ». Ça a sans doute bouleversé les touristes Australiens qui subissaient les rafales en même temps que nous, mais de notre côté, on est restés de glace (haha).


Rennie a fait copain-copain
avec l'agent de sécurité.
Bon, retour au chaud et direction les manchots pour leur repas du matin. La dame parle assez vite (et surtout avec un beau spécimen d’accent NZ) et on a du mal à tout comprendre. Globalement, ils ont un enclos avec une vingtaine de manchots, retenus en captivité donc, mais il s’agit en réalité d’un home pour handicapés. Tous sont des animaux qui ont été recueillis pour être soignés, souvent après un accident. Entre celui qui a Alzheimer, ceux qui sont aveugles, ceux qui sont paralysés et ceux qui ont des membres cassés… aucun d’eux n’aurait pu survivre dans la nature.
Dans cette zone, les couloirs sont intéressants et nous présentent les différentes espèces de manchots, leurs caractéristiques et leur répartition géographique. On se serait crus dans l’épisode 19 de Shirokuma Cafe ! Ah, faut connaître ses références Mesdamezémessieurs.

On enchaîne avec deux séances ciné 4D de 12 minutes chacune : une impressionnante exploration des côtes de l’Antarctique ainsi qu’une version expresse et nunuchissime de Happy Feet. Grave erreur que d’avoir passé pour la deuxième fois la porte de cette salle : je sais désormais que je ne veux jamais voir ce film d’animation en entier.

Ah, on fait moins le malin
que dans la tempête, hein.
Dans les dernières salles, nous pouvons découvrir les conditions de vie des gens qui passent leur quotidien sur le septième continent, à creuser et s’adonner à diverses activités d’exploration au nom de la Sainte Science. On y découvre que Christchurch, grâce à son aéroport international très méridional pour la saison, sert de base de lancement et de ravitaillement pour les gros cargos à destination du Continent des Glaces Eternelles.  Une vidéo nous montre l’évolution de l’alternance jour/nuit là-bas tout au long de l’année, tandis qu’un dispositif tournant nous explique le phénomène par lequel les régions polaires ne connaissent pas la nuit en été ni le jour en hiver, période pendant laquelle la pleine lune est la seule source de lumière. Une autre, de 45 minutes, passe en boucle : on voit notamment ces braves gens plonger nus dans de l’eau glacée et se faire un festin de Noël avec des légumes frais largués barbarement depuis un avion de ravitaillement. Ils ont l’air de bien se marrer, quand même. 

Tant qu’on parle de vivres, des colis envoyés là-bas ont d’ailleurs été reconstitués dans le musée. N’allez pas imaginer une reconstitution archéologique : il s’agit simplement de consommables qu’on peut trouver dans n’importe quel supermarché, le tout enfermé dans une caisse. Mais sincèrement, si on devait aller vivre en Antarctique, on préfèrerait être envoyés par la Belgique que par la Nouvelle-Zélande… Quelle cruauté que d’envoyer du « chocolat » Cadbury à ces pauvres ermites !

Un ordinateur contient une sorte de journal tenu par ces drôles d’expatriés : à chaque jour sa photo assortie d’un commentaire. Plutôt sympa.

Eh voilà les amis, retour au bercail dans une tempête, une vraie cette fois, mais moins glaciale quand même. Heureusement, dans tout ce froid, notre voiture, dans un élan de solidarité, a décidé de monter un peu la température de son moteur à 120°C. Eeeuh quoi ? Bon allez, direction le garage.