samedi 24 mai 2014

Visite express à Auckland

Dans le port d'Auckland, y'a pas d'marins qui chantent.
Quand vous êtes envoyé à Auckland pour deux jours de séminaire, quoi de plus naturel que de prolonger un peu son séjour afin de découvrir ce que recèle la troisième ville la plus agréable à vivre du monde ? Votre serviteur ayant vécu dans la numéro 2 (Zurich) et visité la numéro 1 (Vienne),  il avait toutes les clés en main pour faire une comparaison en toute connaissance de cause, même si un petit jour n’est évidemment pas suffisant pour se faire une idée précise d’un lieu.

Première constatation, la plus grande ville de Nouvelle-Zélande n’a pas grand-chose en commun avec les agglomérations européennes. Beaucoup plus étendue et moins dense avec ses 1100 km² pour 1,4 millions d’habitants (un bon tiers du pays…), comparés aux malheureux 160 km² de Bruxelles pour une population à peu près équivalente, elle est composée d’une multitude de quartiers très banlieusards, où chaque maison est de plain-pied et possède son propre jardin. Seul le centre à proprement parler, à peine deux ou trois dizaines de rues, est constitué d’un amas de gratte-ciels pas très esthétiques. Comme dans beaucoup de villes des nouveaux mondes, l’architecture y est quelconque. Le port, quant à lui, est autant un endroit où touristes et habitants se baladent et se sustentent qu’un lieu d’activité commerciale. Vue de loin, Auckland ne se distingue que grâce à sa Sky Tower, une tour de télécommunication qui, avec ses 328 m, peut se vanter d’être la plus haute structure construite par l’Homme dans l’hémisphère Sud.
Quand la tour montre la lune,
l'imbécile regarde l'antenne

Par contre, là où Auckland brille, c'est bien par son soleil. Les températures y sont de quelques degrés supérieures par rapport au sud du pays, la différence étant assez grande que pour passer d'un automne frais (gros manteau et bonnet) à une fin d'été agréable (t-shirt en journée, longues manches en soirée). Au plus froid de l'hiver, les températures ne descendent guère en dessous de 5°C, -0,6°C étant leur record absolu, pauvres choux va ! Un net avantage face aux villes Suisses et Autrichiennes donc.

Christchurch, en plus d’être à moitié démolie, a une topographie plate et un côté assez « british », Auckland, quant à elle, est plutôt vallonnée et est sans conteste multiculturelle. Se côtoient, outre la population de type européenne, de nombreux Maoris et une grande variété de personnes originaires d’une multitude d’îles du Pacifiques. Les Asiatiques de nombreux pays (Chine, Corée du Sud, Hong Kong, Taiwan…), une vingtaine de pourcent de la population totale, complètent ce joli tableau multiethnique. L’impressionnante galerie d’art de la ville, gratuite au demeurant, permet de visualiser le résultat de ce pot-pourri culturel. Tous les styles y sont représentés, de la peinture japonaise aux sculptures maories en passant par des tableaux issus du surréalisme.

Bref, on ne va pas vous mentir : sans son aéroport où la plupart des vols internationaux atterrissent, Auckland serait loin d’être un incontournable de votre séjour en Nouvelle-Zélande. De toute façon, si vous visitez ce pays, ce n’est probablement pas pour y découvrir ses centres urbains. Personnellement, je préfère de loin Zurich ou Vienne, mais ce n'est que mon avis !

Peinture psychédélo-maorie.
Comme je l’ai mentionné en début d’article, le but de mon escapade était d’y suivre un séminaire, dont le sujet était la commercialisation de la recherche. Beaucoup d’universitaires ont malheureusement tendance à rester cloisonnés dans leur Sky Tower d’ivoire : passionnés par leurs recherches (ce qui est une bonne chose), ils semblent oublier que si l’objet de la science est de faire avancer l’étendue des connaissances de l’humanité, elle s’imbrique également dans notre société et à un rôle important à jouer dans l’économie d’un pays. D’ailleurs, les financements de la recherche par les gouvernements sont souvent guidés par des lignes directrices en fonction des problématiques actuelles. Ainsi, en Nouvelle-Zélande, beaucoup de poids est donné dans des sujets tels que la préservation de l’environnement et de la biodiversité, le secteur primaire et la santé.


Le but de ces deux jours était donc de sensibiliser les chercheurs à ce rôle fondamental de l’innovation dans un pays et de les encourager à transformer les idées et les résultats en quelque chose qui puisse être développé et commercialisé. Comment passer d’un concept à un produit, pourquoi et comment lancer une start-up, comment fonctionne ce genre d’entreprise, comment négocier avec des investisseurs, sont autant de questions qui ont été abordées lors de cette formation. Même si on ne désire pas monter sa propre boîte dans un futur proche, avoir une connaissance du milieu est assurément utile pour tout scientifique.

Les bus-requins d'Auckland, issus d'années de recherche
en génétique et ingénierie.
Les 80 personnes présentes, sélectionnées parmi des centaines de candidatures, venaient de milieux aussi divers que le génie chimique, la psychologie ou la neurologie. L’accent ayant été mis sur les discussions et le networking, ce colloque a aussi été l’occasion de justement étendre son réseau professionnel (faire du networking, quoi) grâce à des rencontres très intéressantes, ainsi que de se renseigner sur ce qui se fait dans d’autres domaines. Chocolat sur le gâteau (je trouve que les cerises gâchent un bon dessert), les repas étaient divins – fait très rare en Nouvelle-Zélande – et l’hôtel plus que luxueux.

Pendant ce temps, à Vera Cruz Christchurch, Laetitia organisait une rencontre entre joueurs pour tester des prototypes créés par certains de nos potes.