jeudi 9 janvier 2014

Akaroa : une enclave touristique pseudo-française en Nouvelle-Zélande

Vive la Fr... eeuh??!
En 1838, un capitaine de baleinier français décide de fonder une colonie en Nouvelle-Zélande, la chasse à la baleine y étant très prometteuse. Pour une somme dérisoire, il achète à un chef Maori la proéminence connue sous le nom de Péninsule de Banks et retourne dans son pays natal afin de faire un peu de pub et attirer de potentiels émigrants. Après tout, une colonie, c’est bien moins fun quand on est tout seul. C’est ainsi qu’une soixantaine de Français débarquent un beau matin d’août 1840 (à vrai dire, il devait faire plutôt froid puisque c’était l’hiver dans l’hémisphère Sud), uniquement pour découvrir que les Britanniques les avaient bien couillonnés : ceux-ci avaient entretemps pris possession de la totalité de la Nouvelle-Zélande. Les Anglais, bons princes, leurs permirent quand même de rester et de s’installer dans le petit village portuaire d’Akaroa.

Aujourd’hui, le village garde des influences de cette foireuse tentative colonisatrice, et le tourisme a fait le reste : personne n’y parle la langue de Montpassant mais on fait semblant, ce qui nous donne des noms de rues en Français et d'autres incongruités linguistiques tel que la station-service locale sobrement dénommée « l’essence ».

Ceci est le chemin le plus direct
qui mène à Akaroa.
A l’instar de la French bourgade, la route qui relie Christchurch à Akaroa est particulièrement folklorique. En effet, les tournants s’enchainent et serpentent selon des courbures parfois bien serrées et offrent de beaux angles morts comme on n’en fait plus. Par bonheur, les gentils Néozélandais ont pris la peine d’installer des panneaux vous conseillant la vitesse optimale pour les négocier. Le degré de difficulté augmente au fur et à mesure, la sensation d’être dans un jeu vidéo est donc totale. A vrai dire, il ne manquait plus que les notes de Gran Turismo en musique de fond. Nous franchissons fort heureusement tous les niveaux avec succès :

Niveau 1 : Quelques tournants indiqués à 75km/h.
Transition entre le level 1 et le level 2.
Niveau 2 : Quand vous avez compris le truc, la vitesse se dégrade progressivement jusqu’à atteindre 25 km/h.
Niveau 3 : Sur certaines portions, vous êtes prévenus qu’il y a beaucoup de tournants mais démerdez-vous pour estimer la vitesse à laquelle vous devez les passer.
Niveau 4 : Ça monte, la voiture passe le long de la falaise, sans garde-fous.
Niveau 5 : En plus de tout ça, on croise des voitures qui vont en sens inverse.
Niveau 6 : Au retour, le soleil en pleine face corse les choses dans certains tournants.
Niveau 7 : Ajout d’une Mougnou dont l’estomac est de mauvaise humeur. 

Si cette photo ne vous donne pas envie de nous
rejoindre, on ne peut plus rien faire pour vous.
La récompense de tous ces efforts est un paysage à couper le souffle et la satisfaction d’avoir maîtrisé une des routes les plus difficiles du pays pour atteindre Akaroa sains et saufs. Enfin, en tout cas saufs.

Le hameau est de taille modeste mais très pittoresque. Se balader le long de la mer nous permet d’apprécier la beauté de l’endroit et les différents monuments dédiés soit à l’héritage français du site, soit aux dauphins d’Hector. Ces petits delphinidés ne vivent qu’en Nouvelle-Zélande et Akaroa est un des seuls lieux qui permettent de les observer dans leur milieu naturel et même d’aller se baigner avec eux. D’ailleurs, c’est la raison principale qui nous amène ici.  

En voilà un qui approuve la vie à la Néozélandaise.
La déception est donc grande quand, voulant nous inscrire pour la nage avec les dauphins, nous apprenons que l’océan, en apparence calme dans la crique, est très agité dès qu’on s’éloigne du port. On nous conseille donc, si nous ne sommes pas des nageurs chevronnés, de revenir quand les conditions seront plus favorables. Vu d’ici, le temps semble pourtant idéal : soleil, 27°C, pas trop de vent. Après avoir demandé l’avis de trois personnes, nous décidons finalement de ne faire que la petite croisière en tant que spectateurs, et nous ne le regrettons pas : dans un décor naturel de rêve, les dauphins d’Hector élèvent tranquillement leurs bébés, les manchots pygmées prennent des cours de plongée dans des grottes marines et les otaries se dorent la pilule sur les falaises.

Après toutes ces émotions, place à encore plus d’émotions, puisque nous devons bien rentrer à Christchurch et que la route n’a pas décidé d’être plus droite dans le sens inverse. Nous reviendrons à Akaroa très prochainement, et cette fois nous nagerons avec les dauphins !

Pour ceux qui veulent découvrir les autres photos, ça se passe sur Flickr en cliquant sur l'image ci-dessous!

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