samedi 12 avril 2014

Visite à Willowbank Wildlife Reserve

Deux parcs animaliers se partagent la vedette à Christchurch. Le dénommé Orana Wildlife Park ayant fait l’objet d’un article précédent, nous vous présentons le second dans les lignes qui suivent. Attention, faites un accueil du tonnerre au Willowbank Wildlife Reseeeeeeerve !

On progresse à travers le parc sur ce genre de sentier.
Le concept de Willowbank diffère suffisamment de celui de son concurrent que pour justifier de s’y rendre aussi, pour peu qu’on s’intéresse un minimum à la faune. Il s’agit ici de présenter exclusivement les animaux vivant en Nouvelle-Zélande, qu’ils soient endémiques ou qu’ils aient été importés – ne faisons pas la fine bouche ! Nous y débarquons donc par une belle matinée automnale de mars. Hé oui, dit comme ça, ça fait bizarre.

L’ambiance de ce parc s’avère bien particulière et agréable : nous nous baladons au gré du chemin, tantôt sentier, tantôt ponton en bois, qui s’enfonce tour à tour dans un marécage, une végétation plus ou moins touffue ou encore une cour de ferme. Si quelques animaux voient effectivement leur liberté limitée à une grande cage, la plupart d’entre eux sont cependant libres et côtoient d’autres espèces dans de vastes espaces où les visiteurs peuvent entrer pour s’approcher d’eux, et même de très près. Il est même possible d’acheter un peu de piment pour donner un peu de nourriture pour animaux à votre aventure.

Les animaux endémiques

Ne nous voilons pas la face : quand on parle d’animaux endémiques, on parle surtout d’oiseaux endémiques. En effet, les seuls mammifères à être néo-zélandais depuis le début sont deux espèces de chauve-souris. C’est tout. Oui, vous avez bien lu. C’est tout. La plupart d’entre eux sont fragiles et protégés, leur survie sur cette île reculée étant uniquement due à l’absence de prédateurs. Nous vous présentons donc ici les « Big five » de la NZ.

Tu as ton rat ? Tu as ta rate ?
Bon, on va chercher un autre jeu de mot.
Le Tuatara – Si la plupart d’entre vous l’appelleraient simplement « lézard », il s’agit en réalité du dernier représentant d’une branche de reptiles très représentée à l’époque des dinosaures. Malheureusement, tous ses cousins ont été portés disparus il y a environ 60 millions d’années.

Le Kaka – Cousin d’un fauteur de troubles montagnard décrit plus bas, ce perroquet brun au bec aussi crochu que le nez d’une sorcière vit dans les forêts néozélandaises, particulièrement sur les îles satellites du pays.

Le Takahe – Cet oiseau coloré qui ne vole pas est un survivor : on a beau le chasser, détruire son habitat et voler sa nourriture, il est s’est accroché à la vie jusqu’à devenir une espèce protégée. Il est ainsi devenu aussi la mascotte du parc animalier. On l’a pourtant cru éteint pendant un long moment, avant de le redécouvrir en 1948.

Vous le voyez via Internet, c'est donc un e-kea.
Le Kea – Comme il est mignon, cet oiseau ! Il n’a même pas peur, il vient vraiment tout près ! Les deux phrases précédentes sont les pensées de nombreux voyageurs avant qu’ils se rendent compte que leurs chaussures, leur tente, leur sac, les pneus de la voiture ainsi que d’autres effets personnels auront été déchiquetés par ces désormais « sales bestioles ». Il est en effet curieux et voit tout ce qu'il trouve comme de la nourriture potentielle.

Le Kiwi – La star internationale, c’est lui. Une boule de plumes nocturne, inutile et fragile, qui ne vole pas et qui peut être tuée par un coup de tête joueur de la part d’un chien. Mais il a la classe, et ça, c’est indéniable ! Sachant que 95% des kiwis meurent dans leur première année, le parc met un point d’honneur à organiser une récolte d’œufs de Pâques de kiwis pour assurer leur sécurité et relâcher les individus dans la nature une fois suffisamment grands et forts… en tout cas, le plus qu’ils peuvent l’être.

Les animaux importés

A votre grande surprise, les animaux de cette catégorie sont bien plus nombreux et ont malheureusement souvent causé de nombreux dégâts environnementaux. Bon, sérieusement, si vous êtes surpris, c’est que vous n’avez pas bien lu le paragraphe précédent. On vous pardonnera. Nous vous raconterons dans les paragraphes qui suivent quelques perles de la stupidité humaine.

Quand on ne fait pas attention et/ou qu’on est rebelle, on passe par la dernière étape en premier : les poissons. Willowbanks nous offre l’opportunité unique d’observer la vie passionnante des truites et des saumons à travers une vitre d’aquarium judicieusement placée sous un petit étang. Bon, des poissons, quoi. On continue donc notre chemin. « Oh, et ces poissons-là, c’est de quelle espèce mon chéri ? ». Euuuh, là, c’est le haut du même bassin qu’avant…

C'est paradoxal, mais ses poils sont à la fois doux et rêches.
Les wallabys, dont on ne sait pas trop pourquoi ils sont là, auront droit à une considération particulière de la part de Laëtitia, qui se met en mode lagénorhynque. « Ooooh ils sont mignooooons. J’en veux uuuuun ! ». L’un d’eux sort de sa zone « anti-touristes » et on peut le caresser !

Au courant du 19e siècle, de nombreux colons bourgeois en manque de sport s’ennuyaient à mourir. Pas que la Nouvelle-Zélande offre de quoi marcher et courir dans de magnifiques paysages, mais on s’en lasse vite, vous savez. Ils ont donc eu la brillante idée d’introduire des daims afin de pouvoir s’adonner à la chasse. L’absence de prédateurs a conduit les pauvres bêtes qui n’ont rien demandé à se reproduire de manière incontrôlée et incontrôlable, empiétant sur les ressources alimentaires des oiseaux locaux. Ironie de l’histoire, on a fini par devoir payer des chasseurs professionnels pour en abattre le plus possible.

Rien à voir, mais ce canard qui s'est baigné
dans l'eau stagnante a trop la classe !
Une autre espèce, qui porte plus lourdement la responsabilité des dégâts écologiques, est le possum – à ne pas confondre avec l’opossum. Vers 1850, les colons (encore eux !) introduisent ce petit animal du sous-ordre des phalangeriformes (on sait bien, vous vous en fichez) afin de commencer une industrie de fourrure. Comme à l’accoutumée, leur taux de réplication face à l’absence d’ennemis est incontrôlable. Bah oui, les oiseaux et les lézards, ça n’impressionne personne.  Une centaine d’années plus tard, le possum avait colonisé les deux îles, prenant lui-même la position vacante de prédateur. En 1980, plus de 60 millions de ces bêtes mangeaient la nourriture de ces mignons kiwis, si pas les kiwis eux-mêmes, et propageaient diverses maladies. Heureusement, grâce à des campagnes d’éradication régulières et aux automobilistes qui sont encouragés à se servir de ces pauvres bestioles comme dos-d’âne, ce nombre a pu être diminué de moitié. Oh, et vous savez quoi ? Chez les voisins australiens, c’est une espèce protégée !

Jugez par vous-mêmes.
Une partie à ne pas manquer est la ferme traditionnelle, où poules, coqs, paons et autres volailles gambadent en liberté parmi les visiteurs et dans les enclos des ânes, cochons, moutons, chèvres et autres bêêhêêtes. Outres les grands classiques, quelques espèces intéressantes peuvent être observées : les lamas se révèlent très affectueux après avoir été motivés par quelques pelets de nourriture et ce gros cochon noir immonde a été sauvé de la quasi extinction par Willowbanks. Hum, pas sûr que c’était une bonne idée vu leur tronche !




-          Dis, tu crois que ça crache pour de vrai, les lamas ?
*pffffft sur les touristes* *ahahaha*
-          Oh, y’a des gens près des lamas, attends, j’essaie encore : dis, tu crois que ça crache pour de vrai, les lamas ?


Cet animal aux longs poils a un appétit remarquable.
Et à droite, il y a un lama !