samedi 8 novembre 2014

Road trip sur l’île Nord : 6 jours, 2000 km et 10 000 merveilles - Partie 1


On vous parle habituellement  beaucoup de l’île Sud ; normal, puisque c’est là qu’on habite ! Mais, une fois nest pas coutume, cet article traitera de la partie nord de la Nouvelle-Zélande. Un peu plus petite que sa sœur, elle est pourtant trois fois plus peuplée avec ses 3,4 millions d’habitants. Cela dit, relativisons car elle reste 10 fois moins dense que la Belgique et l’impression de solitude y est bien présente.

L’île Nord possède sa topographie propre, fort différente de celle de l’île du sud mais offrant des paysages tout aussi grandioses. Déserts, geysers, montagnes, collines, forêts vierges, lacs gigantesques, fleuves, chutes d’eau et bien sûr l’omniprésente mer, toutes ces merveilles de la nature s’y succèdent à un rythme qui ne laisse pas de répit à l’observateur. Mentionnons également l’aspect culturel, puisque l’île Nord abrite la capitale du pays, Wellington, renommée pour son musée Te Papa et ses collections s’étalant sur six étages.

Quoi de mieux pour découvrir toutes ces belles choses que de se faire un petit road trip en compagnie de deux amies venues du Luxembourg ? Petit récit de six jours où dire que nous nous en sommes pris plein la vue serait un grossier euphémisme.

Notre itinéraire avec les étapes importantes.



Jour 1 : Otaries, ferry et montage de tente dans le noir (Christchurch - Kaikoura - Paekakariki)

Les aventuriers themselves, encore tout frais, à Kaikoura.
En ce samedi matin, leur voiture chargée de vivres et de matériel de survie, trois intrépides explorateurs – appelons-les Fiona, Jil et Thomas, ci-après repris sous le terme générique de "nous" – débutent leur périple, direction le grand Nord. Thomas connaissant la route ainsi que sa voiture, il se charge de la conduite jusqu’au premier arrêt, Kaikoura, que nos fidèles lecteurs connaissent déjà. Ses deux compagnes de voyages sont déjà émerveillées par les paysages alpins et côtiers qui caractérisent la région, ainsi que par les otaries qui, une fois encore, sont au rendez-vous pour divertir les touristes plus ou moins respectueux.
 
Après un pique-nique animé par le roulis de l'océan, nous reprenons la route vers Picton, qui s’avère bien plus ensoleillé que la dernière fois. Sans pluie battante pour nous gâcher la vue, le trajet est bien plus intéressant : nous serpentons entre mer et montagne avant d’atteindre des prairies vallonnées où  il fait bon bêler, pour peu qu’on soit un mouton. Le port de Picton accueille les  ferries en provenance et en direction de Wellington, ce qui tombe bien puisque justement, c’est là que nous nous rendons. Ayant un peu d’avance sur l’horaire, nous explorons la région par l’intermédiaire du Queen Charlotte Drive, une route scénique surélevée qui longe un des nombreux bras de mer de la région, avant de redescendre pour attendre bien sagement notre bateau.

Nondidjû que c'est beau !
La voiture rangée dans les cales, nous nous précipitons immédiatement sur le pont pour admirer les bras de terre qui s’enfoncent dans l’océan sur quelques dizaines de kilomètres, illuminés par un splendide coucher de soleil. Fatiguées et sans doute encore décalées par le jet lag, Jil et Fiona finissent par s’endormir, bercées par le tangage du bateau, tandis que je m’adonne à un peu de lecture. La traversée durera à peu près trois heures.

Ayant enfin atteint l’île Nord, nous quittons directement Wellington pour parcourir les dernières dizaines de kilomètres de cette journée de conduite intense, jusqu’à la joliment nommée Paekakariki – le perchoir du perroquet vert – où nous établissons notre campement. Il est 23h, nous sommes éreintés et avons une tente à monter, que du bonheur en pleine nuit. Pour ne rien arranger, la pompe destinée à gonfler les matelas a eu raison du fusible contrôlant l’allume-cigare, le verrouillage central et les vitres électriques de la voiture, ce qui nous oblige à reconsidérer le taux attendu de confortabilité pour notre nid. Une heure de dur labeur s’écoule avant que nous puissions enfin nous glisser dans nos sacs de couchage et sombrer directement dans les bras de Morphée. 


Jour 2 : And now for something completely different (Paekakariki - Taupo - Rotorua)

Paré pour une seconde journée de folie.
Un soleil splendide et nettement plus chaud que celui de l’île Sud nous réveille de bonne heure. Les campings néo-zélandais étant propres et bien équipés, nous profitons des douches et de la cuisine pour nous remettre d’aplomb avant de tremper les pieds dans la mer. Malgré notre témérité initiale, l’eau est vraiment encore trop froide que pour s’y baigner. 

Le fameux fusible remplacé, nous repartons, toujours en direction du Nord, nous relayant au volant. Pour Jil, il s'agit de son baptême de la conduite à gauche, mais elle s'habitue vite. Le panorama qui s’offre à nous est composé de prairies vallonnées où paissent tranquillement les moutons, toujours les moutons, encore les moutons, ainsi qu’une ou deux vaches. 



Vous aurez compris qui a été désigné responsable cuisine.
L’avantage de la Nouvelle-Zélande, c’est qu’il y a toujours moyen de s’engager dans une petite route afin de trouver un décor époustouflant sans personne dedans. Nous avons bien sûr profité de cette opportunité et, à proximité  d'un pont voie unique comme seuls nos amis les Kiwis savent les construire, nous avons déniché une falaise au pied de laquelle nous avons pris un dîner* improvisé et  bien mérité.


Repus, nous continuons notre chemin, ne comptant plus les moutons, et soudain, au détour d’une colline, apparaît un paysage qui n’a rien à voir avec ce que nous avons pu voir jusqu’à présent. Deux ou trois montagnes enneigées trônent sur une vallée desséchée où ne poussent que quelques arbres aux couleurs sombres. Bienvenue sur la Desert Road. Oui, ça en jette comme nom, mais c’est assez trompeur puisque la région reçoit pas mal de pluie. La végétation maigrelette s’explique plutôt par la piètre qualité de la terre que par un manque d’irrigation. Au milieu de ce décor, l’armée néo-zélandaise entraîne ses troupes et entretient un musée dédié à ses braves soldats. C’est assez surprenant quand on ne s’y attend pas, mais au moins, ça donne l’occasion de prendre quelques photos.


Gniii je veux y retourneeeer !
Ah ben si on s'attendait à ça, ici...



Ca c'est du lac (photo non contractuelle) !
Quelques kilomètres plus loin, nouveau changement : le lac Taupo, issu de la plus gigantesque explosion volcanique de ces 70 000 dernières années, nous apparaît comme une étendue azur bordée par les collines. Nouvel arrêt, nouvelles photos – ce n’est pas notre faute si la nature est aussi généreuse.

Nous avons déjà vu pas mal de choses, question nature, que même le gars d'Into the Wild il serait jaloux, mais il manque un élément essentiel de tout film d’aventure qui se respecte, je fais bien sûr référence à la cascade (d’eau). Qu’à cela ne tienne, les puissantes chutes de Huka sont sur notre chemin, aussi nous arrêtons nous (Oui, encore, et si ces descriptions vous ennuient ou vous rendent excessivement jaloux, il vaut mieux pour votre moral que vous interrompiez votre lecture ici) pour nous émouvoir devant la puissance de ces chutes. 220 000 litres d'eau s'y écoulent chaque seconde, ça vous en bouche un coin, n'est-ce pas ?


Alors, il fait moins le malin Indiana maintenant !?
Mais nous touchons enfin au but de notre seconde journée : Rotorua, surnommée à raison Sulphur City. En effet, une désagréable odeur de soufre assaille nos narines dès notre arrivée en ville. La cause en est l’activité géothermique de la région, qui attire touristes Kiwis et étrangers tout au long de l’année. Geysers, mares de boues bouillonnantes, sources d’eau chaude s’y côtoient et constituent autant d’attractions qu’il ne faudrait surtout pas manquer, si d’aventure vous passez dans le coin un beau jour.


Ce coup-ci, nous pouvons dresser notre tente à la lumière du jour, ce qui présente tout de même un avantage non négligeable en termes d’efficacité. Nous soupons en la « charmante » compagnie d’un groupe d’une dizaine d’Australo-Américains qui ont apparemment décidé de créer la plus grosse montagne de nourriture jamais vue sur une table et de la manger (la nourriture, pas la table).

Une journée aussi éprouvante mérite évidemment une fin de soirée dédiée à la détente, aussi partons-nous en direction des spas polynésiens avec leurs différentes piscines chauffées naturellement par les sources géothermiques. Un vrai bonheur. [à suivre...]


Quoi de mieux pour clôturer cette journée qu'un bain à 42°C ?


* Nous utilisons ici bien évidemment les dénominations déjeuner/dîner/souper pour désigner les repas du matin/midi/soir respectivement, à traduire par petit-déjeuner/déjeuner/dîner si vous venez d'une partie moins civilisée de la francophonie.